XII. [Note 15: Littéralement «mais il s'est rendu immobile.»]

XII. [Note 16: Le mot kolo, qui signifie roue, et que l'on peut par conséquent rendre fort exactement par celui de ronde, est le nom générique des danses nationales serbes, qui s'exécutent en rond, bien que, dans quelques-unes, les deux extrémités du rond ne se touchent point. Elles consistent en général dans un mouvement alternatif d'avance et de recul, exécuté au moyen de pas divers, mais le plus souvent d'un caractère monotone. Les deux sexes s'y mêlent librement, les danseurs se tenant soit par la main, soit à l'aide d'un mouchoir noué autour de la ceinture. A défaut de cornemuse (gaïdé) ou de flageolet, ils chantent des rondes spéciales, absolument comme font chez nous les enfants.]

IV

POÉSIES HÉROÏQUES DIVERSES

I

LA CONSTRUCTION DE SCUTARI (SKADAR).

Trois frères bâtissaient une ville, trois frères, les Merniavtchévitch; l'un était le roi Voukachine, le second le voïvode Ougliécha, et le troisième était Goïko. La ville qu'ils construisaient était Scutari sur la Boïana; trois ans ils y travaillèrent, avec trois cents ouvriers, sans pouvoir poser les fondations, et moins encore élever les murailles: ce que les ouvriers avaient édifié pendant le jour, la Vila venait la nuit le renverser.

Quand commença la quatrième année, la Vila cria de la montagne: «Ne te tourmente point, roi Voukachine, ne consume pas tes richesses; tu ne saurais bâtir les fondations, et moins encore édifier les murailles, à moins de trouver deux (personnes à) noms semblables, à moins de trouver Stoïa et Stoïan[1], le frère et la sœur, et en les murant dans les fondations, celles-ci se soutiendront, et ainsi tu pourras édifier la ville.»

Quand le roi Voukachine eût entendu ces paroles, il appela son serviteur Decimir: «Decimir, mon cher enfant, jusqu'ici tu as été mon serviteur fidèle, et désormais (tu seras) mon enfant chéri: attelle, mon fils, des chevaux à une voiture, et emportant six charges d'or, va jusqu'au bout du monde chercher deux (personnes à) noms semblables; cherche Stoïan et Stoïa, le frère et la sœur, et enlève-les, ou les achète pour de l'or, et ramène-les à Scutari sur la Boïana, pour que nous les murions dans les fondations: peut-être celles-ci alors tiendront, et pourrons-nous édifier la forteresse[A].»

[Note A: Decimir part en effet, mais après un voyage de trois années qui l'a conduit au bout du monde, il revient annoncer l'inutilité de ses recherches.]