LE BASILIC ET LA ROSÉE.

Le basilic aux feuilles menues se plaignait: «Rosée silencieuse, que ne tombes-tu sur moi?» —«Pendant deux matinées j'ai tombé sur toi, celle-ci je l'ai passée à me distraire, à regarder une grande merveille: une Vila et un aigle se disputaient touchant cette verte montagne; la Vila disait: La montagne est à moi. —«Non, disait l'aigle, elle m'appartient. La Vila brisa l'aile de l'aigle, et les jeunes aiglons gémirent amèrement, (ils) gémissaient, car ils étaient en péril, quand une hirondelle ainsi les consola: «Ne gémissez point, jeunes aiglons, je vous porterai dans la terre des Indes, où l'amarante croît jusqu'au genou des chevaux, et le trèfle jusqu'à leur épaule, où le soleil ne disparaît jamais.— Là-dessus les aiglons s'apaisèrent.»

XLII

LES ADIEUX.

L'aurore blanchissait, le jour allait naître, et un guerrier sellait son cheval pour partir. Sa vieille mère but à son voyage, but, tout en versant des larmes et en pleurant doucement elle dit: «Dieu permette, mon fils, qu'en santé tu partes, qu'en santé tu partes et tu reviennes, et qu'en vie tu retrouves ta vieille mère!»—

Sa fidèle épouse lui ceint le sabre, lui ceint le sabre, tout en versant des larmes, et en pleurant doucement elle dit: «Dieu permette, ami, qu'en santé tu partes, qu'en santé tu partes et tu reviennes, et qu'en vie tu retrouves ta vieille mère, en vie, sous la terre noire! et ta fidèle épouse, dans une blanche maison, dans une blanche maison, mais dans une autre, dans une autre maison, chez un autre époux.»

XLIII

«O Danube! fleuve tranquille, pourquoi n'es-tu pas limpide? est-ce un cerf qui t'a troublé avec son bois, ou le voïvode Mirtchéta? —Ce n'est ni un cerf qui avec son bois m'a troublé, ni le voïvode Mirtchéta; mais des fillettes, petits démons, qui viennent chaque matin cueillir des glaïeuls et laver leur blanc visage.»

XLIV

Écoute, fillette, écoute, ma belle, tes yeux sont les sauvages prunelles du rivage, et moi jeune homme je suis le marchand de la mer. qui trafique en prunelles du rivage.