LV
A L'EMPEREUR NAPOLÉON[1].
Dans Mitrovitza, la ville au bord de la Save, est assise une fille, qui se parle ainsi: «O Français, puissant Empereur, renvoie-nous les garçons, les filles seules sont restées; et gâtés se sont les coings et les pommes, et les chemises brodées d'or.»
[Note 1: Cette pièce rappelle l'époque où les Français occupaient
Raguse et les provinces Illyriennes.]
LVI
LA PESTE
«Saraïevo, pourquoi t'es-tu obscurci? est-ce que le feu t'a consumé, la peste t'a-t-elle ravagé, ou l'eau de la Miliatzka t'a-t-elle submergé?» —«Si le feu m'eût consumé, il eût (du moins) renouvelé mes blanches maisons; si la rivière m'eût inondé, du moins, elle eût nettoyé mes rues; mais c'est la peste qui m'a dévoré, mettant à bas et jeunes et vieux, et séparant tous ceux qui s'aimaient.»
LVII
AGNÈS (IAGNA) LA FILLE UNIQUE.
Dieu clément, la grande merveille! une mère a enfanté neuf filles, et elle en porte une dixième dans son sein, demandant à Dieu de mettre au monde un garçon; mais quand son terme fut venu ce fut d'une dixième fille qu'elle devint mère.