« Quelle statue s’érigeait, jadis, où se trouve, aujourd’hui, la colonne Vendôme et comment se nommait alors cette place ? »

J’ai appris par moi-même qu’il est, à Paris, d’autres monuments, des musées où l’on voit certaines dames dépourvues de leurs vêtements et même des salles de concert où l’on joue de la musique voluptueuse.

Tante Valérie ne connaissait la volupté que par le spectacle des amours de Paul et de Virginie, qui passaient pour de gracieux divertissements puérils. Demeurée elle-même à l’état de demoiselle, ma tante ne s’offensait pas de ces jeux, elle en faisait part, au besoin.

« Regarde, Michel, comme ils s’amusent ! Sont-ils assez gentils ! »


Mais Isidore vient d’interrompre tante Valérie. Brusquement, il s’est envolé, une chaînette pendue à la patte gauche. Il plane, soutenu par des ailes immenses, et parle d’une voix que je ne lui connais pas : la voix d’un ange évadé de son vitrail.

« L’abbé Verdier, dit Isidore, est un vieil imbécile qui ne sait que raser Michel. Paul et Virginie sont des chats galeux ou le seront, un jour. Tante Valérie est une pécore mal coiffée, mal habillée, mal chaussée et moins gentille pour son prochain qu’Angèle, sa cuisinière.

« Dors, mon petit Michel ! dors ! Je t’éventerai de mes ailes et te donnerai de beaux rêves. »

IV

Je vous ai dit que j’entendais jacasser Isidore et miauler les chats de ma tante. Il se passe, aujourd’hui, quelque chose de tout différent.