Mais la plus belle découverte fut celle d’un coffret en bois des îles d’un superbe amarante fort bien travaillé, qui contenait trois enveloppes bordées d’or, sur lesquelles on lisait ces suscriptions… j’allais dire ces adresses, à l’encre rouge :

Pour Paul, félin valeureux.

Pour ma très douce Virginie.

Pour mon Isidore, en reconnaissance de vingt ans d’amour. (Lundi de Pâques.)

Dans les enveloppes quelques feuilles proprement pliées, où se lisaient les dates de l’achat des trois bêtes, avec les prix, plus le récit, divisé en paragraphes, des événements heureux ou malheureux les concernant.

Par exemple :

Mardi, 12 juillet. Isidore s’est blessé la patte sur une coquille de noix. Le vétérinaire, mandé en hâte, me donne de l’espoir. Il promet de revenir Vendredi, mais, pour plus de sûreté, j’ai porté un cierge à l’église.

Vendredi, 15 juillet. Tout va bien ! Dieu soit loué !

Il était aussi question, dans une enveloppe rose, des amours de ses chats, ce qui dénotait, chez ma bonne tante, une érudition érotico-féline vraiment remarquable. D’où provenait-elle ? Cette enveloppe rose révéla des descriptions assez surprenantes par leur précision, par leurs détails, et toutes datées, bien entendu, très scrupuleusement.

Je ne puis dire que ces memoranda fussent libertins, l’auteur ayant mis trop de conscience, trop d’application à les rédiger. Dans chaque enveloppe, quelques fleurs séchées finissaient de tomber en poussière.