Puis il m’a serré la main et Madeleine a souri.
Comme cette conversation m’est restée présente !… Se passait-elle en plein soleil ? Enfin, avez-vous su donner son juste prix à la radieuse récompense que l’on m’octroyait ?
Madeleine… Je puis prononcer le nom de Madeleine ! Sans doute, en m’adressant à elle, j’emploie le vocable de cérémonie : Mademoiselle, mais lorsque je lui parle en secret, dans mon cœur, Madeleine, le nom de la jeune fille à qui toute ma vie est vouée, Madeleine s’offre à mes lèvres pour se laisser prononcer en silence.
Non, je n’ai plus besoin de banderole ni de mur crépi ! ce sont des soins superflus que de peindre ou d’inscrire le nom bien aimé ! Pourquoi ne puis-je, cependant, le murmurer, le prononcer de vive voix, le crier ?… Ah ! ne gâchons pas notre bonheur ! Je le murmure, ce nom, je le prononce, je le crie en moi-même… Cela suffit.
Veuillez ne pas me regarder, un moment. Détournez les yeux, je vous prie, du malade qui veut se reprendre…
Madeleine auréolée d’or. Madeleine aux nobles gestes, Madeleine aux douces mains, Madeleine dont le seul regard, lumineux et gris, fait revivre…
Je m’évanouis de bonheur !
Sans doute, la nuit a-t-elle été mauvaise. Je me réveille avec un violent mal de tête, mais on m’a posé sur le front, sous la nuque, des compresses très froides qui m’aident à penser, à jouir de mes pensées ensoleillées.
Tiens ! j’oubliais !… Qu’est-ce donc ?… Voyons, Michel Duroy, tu dérailles ! Ce sont les gens d’en face avec qui tu prétends être lié : l’un d’eux. Ils devaient te rendre service et te distraire, or je ne veux plus être distrait.