Il veut achever sa phrase :

« … Vous en ferez d’autres : c’est le chemin qui mène à une complète guérison.

— Merci. »

Rien que ces deux mots, tout secs. Pourquoi insister ? Je voulais en rester là, mais l’espoir de vaincre a la vie si dure ! Vite, je prépare une nouvelle phrase, presque la même, en somme, que l’autre jour, et qui, cependant, est plus directe. La réponse pourrait être un aveu. Je le regarde avec soin, je ne perds pas des yeux la mauvaise figure de celui qui me soigne et par lequel j’ai décidé de me laisser soigner. Allons-y !…

Observez la politesse du « s’il vous plaît. »

« Dites-moi, s’il vous plaît, l’adresse du docteur Jérôme Devilliers. »

Un temps… un doute passager dans le regard, puis une réponse impassible, car il s’est repris.

« Le docteur Jérôme Devilliers habite au 18 de la rue de Courcelles, tout près d’ici. »

Il ment comme un laquais, cet homme sans foi ! cet arracheur de dents ! Il ment et ne sourcille même pas ! Il ment avec art ! Il sait s’y prendre !… N’est-ce pas à vomir ? « 18, rue de Courcelles… tout près d’ici… »

Tu te trompes, crapule ! cet homme a son gîte plus près encore, beaucoup plus près : 12, rue de la Baume !…