Dalsant ne répond que par monosyllabes ou par petits grognements, mais il faut que du sujet choisi j’aie bien parlé, car nous causons encore en arrivant devant chez moi… et justement voici papa qui rentre de son bureau, plus tôt que d’habitude. J’en profite :

« Mon ami Dalsant. »

Papa ouvre la porte ; il nous fait passer devant lui.

« Entrez, Monsieur Dalsant. »

Dalsant est chez moi !…

Quelques instants plus tard, dans la bibliothèque, ils causent. J’assiste à l’entretien, témoin muet que l’on néglige.

« Non, Monsieur Dalsant, ne partez pas. Puisque vous ne faites rien de spécial, ce matin, restez encore. Je voudrais vous présenter à la mère d’Ottavio. Elle ne tardera guère. D’ailleurs, j’espère que vous prendrez souvent le chemin de la maison. Je vous le répète : je m’étonnais qu’Ottavio n’eût au lycée aucun camarade ; je veux dire aucun camarade de son choix. Dès qu’il m’a parlé de vous, j’ai désiré vous connaître.

— Mais… pourquoi, Monsieur ?

— Parce qu’il est tout naturel que ses vrais amis m’intéressent. En outre, je compte sur votre influence. Je ne veux pas croire qu’Ottavio soit un imbécile et, cependant, on le dirait bien à voir ses places au lycée ! »

Quels charmants propos !