[567] Constantin, second mari de Placidie, qu’Honorius avait pris pour collègue en 421.
Certes, cette ordonnance impériale, où les intérêts publics et ceux de la civilisation et du commerce jouent un si grand rôle, offre plus de conformité avec nos mœurs constitutionnelles que les banns[568], ou proclamations par lesquelles les rois et les comtes franks convoquaient à leurs mâls tous les leudes du royaume ou de la province. Cependant l’institution de l’assemblée d’Arles fut loin d’être aussi agréable aux Gaulois méridionaux que nous le supposerions aujourd’hui, en jugeant leur esprit d’après le nôtre. Profondément dégoûtés d’un empire dont plusieurs fois, mais vainement, ils avaient essayé de se détacher, les habitants des cités gauloises tendaient alors de toutes leurs forces à l’isolement municipal ; toute espèce d’institution, même libérale, qui avait pour but de les rallier à l’administration des grands officiers impériaux, ne pouvait manquer de leur déplaire ou d’être reçue froidement par eux. Ce sentiment général de désaffection est exprimé avec énergie par le poëte Sidonius Apollinaris, déjà cité plusieurs fois. « Sur la parole de nos pères, dit-il, nous respectons des lois sans vigueur ; nous regardons comme un devoir de suivre de chute en chute une fortune décrépite ; nous soutenons comme un fardeau l’ombre de l’empire, supportant par habitude plutôt que par conscience les vices d’une race vieillie, de la race qui s’habille de pourpre[569]. »
[568] Ce mot, dans la langue des Franks, signifiait à la fois publication, édit, sentence et interdiction.
. . . . . Sed dum per verba parentum
Ignavas colimus leges, sanctumque putamus
Rem veterem per damna sequi : portavimus umbram
Imperii, generis contenti ferre vetusti
Et vitia, ac solitam vestiri murice gentem
More magis quam jure pati…