[120] L’Église le vénère sous le nom de saint Gal. (Vita S. Galli, episc., auct. Greg. Turon., apud ibid., p. 409.)

[121] Le titre de sénateur, d’abord réservé exclusivement à ceux des Gaulois qui avaient entrée au sénat de Rome, était devenu, dans l’usage, un titre commun de noblesse. Les premiers de chaque ville, les chefs des grandes familles, surtout depuis la chute de l’empire, prenaient et recevaient le nom de sénateur. Le mot archonte a subi en Grèce des vicissitudes analogues : Αρχοντας, en grec moderne, signifie un noble, un grand propriétaire.

[122] Vita S. Fidoli (saint Fal), apud Script. rer. gallic. et francic., t. III, p. 407.

LETTRE VIII
SUITE DE LA PRÉCÉDENTE
Mission d’Arcadius. — Aventures d’Attale (533-534).

Le petit-fils de Sidonius Apollinaris n’avait pas attendu à Clermont l’arrivée du roi Theoderik. Au bruit de la marche des Franks, il avait quitté la ville en grande hâte et s’était réfugié à Bourges, sur les terres de son patron Hildebert. Obligé par crainte des habitants à tenir sa fuite secrète, Arcadius partit seul, abandonnant à la merci des événements Placidina, sa mère, et Alcyma, sœur de son père : toutes deux, après l’occupation du pays, furent dépouillées de leurs biens et condamnées à l’exil[123]. Depuis lors Arcadius devint l’agent de confiance de Hildebert. Instrument passif des volontés du roi barbare, il les exécutait sans discussion et sans scrupule. L’une de ses ambassades eut pour résultat un crime fameux dans notre histoire, mais dont le récit, vague et mal détaillé chez les écrivains modernes, a besoin, si l’on peut parler ainsi, d’être restitué d’après les textes : c’est le meurtre des enfants de Chlodomir.

[123] Placidina vero mater ejus, et Alchima, soror patris ejus, comprehensæ, apud Cadurcum urbem, rebus ablatis, exsilio condemnatæ sunt. (Greg. Turon. Hist. Franc., lib. III, cap. XII, apud Script. rer. gallic. et francic., t. II, p. 192.)

Depuis la mort de ce roi, qui avait péri dans une guerre contre les Burgondes, son héritage était demeuré vacant et paraissait réservé à ses trois fils, Theodewald, Gonther et Chlodoald. La reine Chlothilde, leur aïeule, les gardait auprès d’elle, et attendait que l’un d’entre eux parvînt à l’âge d’homme pour le présenter aux Franks du royaume de Chlodomir, et le faire élever sur un bouclier, suivant la coutume nationale. Chlothilde, qui avait aimé autrefois Chlodomir plus que ses autres fils, conservait pour ses enfants l’affection la plus tendre, ne les quittant jamais et les menant avec elle dans les voyages qu’elle faisait. Un jour qu’elle était venue à Paris pour y demeurer quelque temps, Hildebert, voyant ses neveux en sa puissance, envoya secrètement à Chlother, qui résidait à Soissons, un message conçu en ces termes : « Notre mère garde auprès d’elle les enfants de notre frère et veut qu’ils aient son royaume ; viens donc promptement à Paris, afin que nous prenions ensemble conseil sur ce qu’il faut faire d’eux ; savoir s’ils auront les cheveux coupés pour être comme le reste du peuple, ou si nous les tuerons, et partagerons entre nous le royaume de notre frère[124]. »

[124] « … Utrum incisa cæsarie ut reliqua plebs habeantur, an certe his interfectis, regnum germani nostri inter nosmetipsos æqualitate habita dividatur. » (Greg. Turon. Hist. Franc., lib. III, cap. XVIII, apud Script. rer. gallic. et francic., t. II, p. 196.)

Chlother ne se fit pas attendre et vint trouver Hildebert dans l’ancien palais romain qu’il habitait sur la rive méridionale de la Seine. Des agents affidés répandirent dans la ville que le but de l’entrevue des deux rois était de mettre les trois enfants en possession de l’héritage de leur père. Après avoir conféré ensemble et pris leur parti, les rois députèrent vers Chlothilde un messager chargé de dire en leur nom ces paroles : « Envoie-nous les enfants pour que nous les élevions à la royauté. » La reine, ne se doutant point qu’il y eût là-dessous quelque artifice, fut toute joyeuse ; et après avoir donné aux trois enfants à boire et à manger, elle les fit partir en leur disant : « Je croirai n’avoir pas perdu mon fils, si je vous vois régner à sa place. » Theodewald, Gonther et Chlodoald, le premier âgé de dix ans, et les deux autres plus jeunes que lui, arrivèrent au palais de leur oncle, accompagnés de leurs gouverneurs, qu’on appelait alors nourriciers, et de quelques esclaves. Ils furent aussitôt saisis et enlevés aux gens de leur suite, qu’on enferma séparément[125].

[125] Greg. Turon. Hist. Franc., lib. III, cap. XVIII, apud Script. rer. gallic. et francic., t. II, p. 196.