Le chien, un vieux routier, Nestor, qui a fini, patiemment modelé, par s’identifier avec son maître, battait sous nos fusils, le nez à terre, n’omettant ni un fossé, ni un bouquet de ronces, ni un pied d’arbre, ni un tas de bois mort.
Nous pénétrâmes dans le taillis. Le chien allait toujours, mais plus lentement, comme avec crainte, la queue frémissante, rasant le sol de ses longs poils, s’allongeant, s’attardant à sentir les mêmes endroits.
Le garde me dit :
« La voilà. Le chien « rencontre » son « fumier ».
Il voulait dire son fumet. En même temps il me montrait des grattages dans la feuille, mais des grattages réguliers, méthodiques, nullement semblables à ceux en zig-zag du merle qui sautille, puis aussi des petites plaques brunes et fraîches qui ne pouvaient laisser de doutes :
« Au respect parler, voilà sa « fienche » et à voix basse :
« Monsieur, c’t’oiseau-là faut que ce soit mangé avec sa « fienche », cuit à la chandelle, vrai comme je vous le dis. »
Puis tout d’un coup, me saisissant par le bras : — « Attention ! le chien est en arrêt ! » — Moi tout courbé sous les branches, j’épie, le souffle en suspens…, je ne vois rien… rien qu’une grande fougère magnifique que sa parure d’hiver fait ressembler à une végétation de corail.
— « Avancez, monsieur, avancez », me crie une voix qui veut être basse. Soudain un lourd claquement de plumes, rien qu’un clignement d’ailes couleur de rouille qui disparaissent par un à gauche dans les branches — et c’est fini.
— Pourquoi monsieur ne l’a-t-il pas tirée ?