Le soir, en rentrant à l’hôtel, épuisés de fatigue et d’amour, ils avaient des caresses plus tendres, plus longues dans l’ombre de leur chambre dont les fenêtres restaient ouvertes… Dehors, la nuit était bleue, d’un bleu presque noir, criblée d’astres magnifiques… De leur lit, ils apercevaient le jardin, dont l’arome venait jusqu’à eux et, les petits abat-jour rouges des tables du dîner, fantastiques lucioles. Le sable des allées criait sous les pas de jeunes couples anglais, fiancés ou jeunes mariés pour la plupart, qui échangeaient des baisers.
Tout était douceur, fraîcheur, paix alentour.
Ils subissaient cette influence.
L’admirable regard de sa compagne s’atténuait, et alors il possédait non plus un démon, mais une femme.
Toutefois quand, lasse d’étreindre, elle s’était endormie, il lui arrivait, à lui, de rester encore éveillé longtemps.
L’inquiétude des grandes joies de ce monde où tout meurt envahissait son âme, et il se demandait : « Combien cela durera-t-il ? »
Une dépêche le rappela un jour à La Luz : Un camarade tombé malade, qu’il fallait remplacer. Il s’en fut en jurant.
En arrivant, d’ailleurs, il trouva l’affaire arrangée. Alors il repartit à pied, fit dix lieues, en pleine nuit, dans la montagne, pour retrouver plus vite son idole.
Comme il tâtait dans l’obscurité, cherchant sa tête pour la prendre doucement, ses mains rencontrèrent une figure glabre d’homme. Il eut un sursaut d’horreur, puis se ressaisissant, il alluma.