Sans avoir bu le miel, ni respiré le vent

Des matins de la terre ».

Mme de Porcieu n’entendait pas s’en aller ainsi, du tout, et elle rêvait : Elle ne savait encore trop à quoi.

On a de si courtes haltes entre les goûters, les dîners, les visites, les bals, les courses, les parties de théâtre. Si l’on songe à « ce qu’il faut faire », « où il faut aller », « ce qu’il faut voir », l’on demeure positivement confondu.

Elle n’avait donc pas encore réfléchi quelle forme matérielle précise pourrait prendre son rêve jusqu’ici un peu vague. Dans les seuls instants qu’elle se connut de libres, le soir avant de dormir, le matin après s’être éveillée, surtout lorsqu’elle entendait non loin d’elle son mari souffler comme un phoque, il lui venait bien à l’idée de prendre un surnuméraire : quelqu’un de gentil, de doux, de bien élevé, qui ne lui demanderait pas trop, à qui elle accorderait moins encore, mais qui cependant lui comblerait son « vague à l’âme » les jours où elle en aurait besoin.

« J’y penserai dès que j’aurai le temps », se disait-elle. Puis, elle n’avait jamais le temps.


Ce temps vint pourtant en juillet, moment où Paris se vide.

M. de Porcieu était déjà parti, voulant donner un coup d’œil à ses récoltes de froment.

Un beau jour le Hasard, qui est parfois notre ami, mit Nicole face à face avec Pierre Le Houx.