A présent isolée, repliée sur elle-même par la force des circonstances, elle l’aimait vraiment. Ce qu’elle ne lui avait pas donné en nature, elle le lui donnait en pensée.
L’aimait-il toujours ? Au début elle n’avait peut-être pas été assez généreuse ? D’autres femmes ne le lui prenaient-elles pas ?
« L’ingrat, soupirait-elle, s’il pouvait voir comme il me fait souffrir ! »
Elle eût voulu être malade, mourir même pour éprouver son cœur. N’ayant jamais souffert de chagrins véritables, sa peine lui semblait infinie. Un moment elle songea à se tuer après avoir écrit une lettre déchirante.
Puis elle reçut, dans ces jours-là, un merveilleux manteau, ce qui la fit réfléchir que ce bas monde contient encore quelques joies.
Elle serait si contente de se montrer jolie à Pierre quand il viendrait, à l’automne !
Tout arrive… même l’automne, et Pierre vint.
Toutefois, cela ne se passa pas sans difficultés.
Il lui fallut d’abord se faire inviter au Vautrait, simuler une passion pour la chasse qui surprit tout le monde.