— A vos ordres, commandant.
— Vous allez aller à terre avec la baleinière… Vous verrez un peu le négrillon qui commande par ici, les ressources, de quoi il retourne enfin, et vous viendrez m’en rendre compte. Je vous recommande l’eau… Les « Instructions » parlent d’un certain torrent, le « Bokharen », à l’ouest de la ville, vous irez jusque-là… Ah ! j’oubliais, prenez votre revolver et deux baleiniers armés avec vous… et puis ces gaillards-là ne vous avaleront pas… d’ailleurs vous verrez bien.
— Oui, commandant.
Lefort disparut dans le capot de l’escalier menant à sa chambre. Son fourrier l’y suivit, une liasse d’imprimés réglementaires à la main.
— Encore vos sacrées paperasses ! Combien de signatures ? Rien qu’une centaine ! Bon, donnez-moi ça. Vous prierez M. de Raimondis de venir me parler dès qu’il aura terminé les dispositions de rade.
Et, soupirant, accablé par la chaleur de la petite cellule de tôle surchauffée, il commença à dépouiller le tas de papiers sans cesse renouvelé où son intelligence et son activité s’usaient tous les jours. Bon enfant malgré tout, il fredonnait le vers ironique d’un commissaire de ses amis :
Les papiers avant tout, la guerre est un prétexte.
Au bout d’un moment assez long, la taille grêle de M. de Raimondis s’inclina sous la porte basse.
— Ah ! vous voilà… c’est pas trop tôt !
— Commandant, en arrivant au mouillage…