— Rien d’étonnant après toutes les émotions qu’elle a traversées.

— Oh ! cet homme, cet homme !

— Il est convenu, n’est-ce pas, ma tante, dit assez sévèrement le docteur, que nous n’en parlons jamais ?

— Je voudrais apprendre sa mort.

— Taisez-vous, je vous en prie. Elle pourrait vous entendre et de pareilles réflexions ne sont pas pour la calmer.

— Je ne peux pas me maîtriser.

— C’est extrêmement malheureux. En ce cas, je vous conseille de descendre de bonne heure ; je tiens absolument à ce que Marguerite ne soit pas agitée.

Un peu piquée, madame Mustel termina son dîner en silence. Habitant la même maison que le ménage, elle en profitait pour être beaucoup chez sa fille ; elle avait fait ce mariage et il lui semblait juste de jouir d’un bonheur qu’elle considérait comme son ouvrage.

Lorsque madame Mustel, qui avait suivi son gendre, insinua en se penchant vers Marguerite qu’elle allait la quitter pour lui permettre de se reposer, elle fut ravie, et Roger un peu désappointé d’entendre Marguerite dire avec force :

— Non, non, maman, reste, je t’en conjure.