Une lassitude profonde, un découragement désolé étaient au cœur de la jeune femme. La vie lui était apparue si peu de chose, si irréelle, si éphémère ! Entre l’instant où dans un baiser elle avait retrouvé le goût du bonheur, et celui où les lèvres qui s’étaient attachées aux siennes étaient devenues froides, il y avait eu quelques heures seulement ! Qu’était la vie ? Quelques heures aussi, et pourquoi fallait-il tant lutter ?
Elle écoutait sa mère, non insensible, mais incapable d’agir, n’ayant qu’un besoin, celui d’être laissée seule ; elle fermait les yeux et se refusait à répondre.
Madame Mustel était désespérée.
Discrètement on frappa à la porte. Marguerite n’y fit aucune attention, mais madame Mustel alla ouvrir elle-même. Justin l’attira au dehors et lui murmura :
— Que dois-je faire, madame ? madame Varèze est là.
Dans son étonnement, madame Mustel répéta un peu haut :
— Madame Varèze ?
Marguerite entendit et se leva.
— Faites entrer, dit-elle ; faites-la entrer ici.
— Tu veux la voir ? demanda madame Mustel stupéfaite.