— Tant mieux ! Au moins de ce côté-là vous êtes tranquille.
— Oh ! bien tranquille.
— Est-ce étonnant que le sens commun nous soit d’un si faible secours dans notre existence ! Enfin, le mal est fait. Quand vous y trouverez un soulagement, vous me parlerez de votre chagrin. Hélas ! c’est tout ce qu’on peut pour vous. Je me souviens de ce bel été à Paramé : votre amour d’Yvonne était encore là. J’ai sa photographie dans ma chambre, je vous la montrerai. Et moi aussi, j’aimais tant Marguerite !
— Comment a-t-elle pu renoncer à vous ? Elle était fidèle cependant, de nature.
— Pauvre petite ! la secousse a été au-dessus de ses forces. En somme, je comprends que dans sa vie nouvelle la vue des amies anciennes lui déplaise ; et puis je crois Lesquen un de ces maris qui ont horreur des éléments étrangers dans leur ménage. Je sais qu’ils voient très peu de monde.
— Comment vous a-t-elle paru ? Heureuse ?
— Pour dire la vérité, oui. Elle a un très beau petit garçon et elle l’adore ; c’est naturel, n’est-ce pas ? Tout de même est-ce drôle de parler de ces choses-là avec vous qui avez été son mari ? J’ai peut-être tort.
— Oh ! non, croyez-moi, vous accomplissez un acte de charité. Vous ne pouvez vous imaginer ce que j’éprouve depuis…
Il allait dire « depuis que je l’ai retrouvée » ; brusquement il s’arrêta et ajouta :
— Depuis que je suis revenu à Paris.