— C’est moi, dit Marguerite, qui dois m’excuser ; je n’ai pas voulu interrompre ce magnifique morceau, mais j’ai écouté derrière la porte.

Madame Varèze l’entraîna vers un canapé où elles s’assirent toutes deux.

Odette était venue saluer madame Lesquen, puis était retournée vers le groupe qui entourait le piano. Le cœur de madame Varèze battait à coups pressés à la pensée d’une rencontre possible, bien que d’Estanger ne parût pas d’habitude à ces heures-là. Elle eut le sentiment que son accueil n’était peut-être pas assez amical ; elle reprit les mains de Marguerite et lui dit doucement :

— Comme cela me fait plaisir de vous voir, Marguerite !

— Vous êtes trop bonne, Louise, car je ne mérite pas que vous ayez encore de l’amitié pour moi. Mais maman m’a dit qu’elle vous avait rencontrée pendant mon séjour dans le Midi et que vous vous étiez informée de moi très amicalement : j’ai voulu vous remercier.

— C’était assez naturel. Et vous allez tout à fait bien maintenant ?

— Tout à fait bien ; le changement d’air m’a été très salutaire. Nous avons eu un temps délicieux.

— Et Maxime ? le beau Maxime, toujours un amour ?

— Toujours pour sa maman. Mais c’est Odette qui se fait belle ! Ce qu’elle a grandi depuis un an ! Car il y a au moins un an que je ne l’ai vue.

— C’est vrai, vous êtes si rare !