— Cela est certain.
En même temps, le jeune pêcheur, à qui ne manquait pour être beau comme un fils d’empereur que d’être habillé de velours ou de brocart, tira de dessous sa veste quelque chose de léger, de long, qui était enveloppé d’un papier rose.
— Sous ce papier, reprit-il, se trouve l’objet perdu par la princesse, et je pense qu’elle en tombera d’accord, si Votre Majesté veut bien le lui faire remettre.
— J’y consens.
Sur un signe de Sa Majesté, un chambellan, ayant pris le paquet rose, l’alla porter à la princesse.
A vrai dire, la tranquillité du pêcheur, le ton ferme dont il parlait, avaient inspiré quelque confiance au père de Modeste. Il se pouvait que le jeune homme eût trouvé le présent des fées ! Mais non. Vaine espérance. Chimère. Modeste serait triste aujourd’hui, comme les autres jours.
Un éclair de rire sonna, vif, clair, joyeux, pareil à un bris de verroteries, et la princesse, rose de plaisir, courant avec un air de danser, se précipita dans la salle, sauta au cou de son père. « Ah ! quel bonheur ! je l’ai ! je l’ai ! comme je suis contente ! Ah ! mon bon père ! Aussi, voyez, je ris comme une folle, moi qui ne cessais de pleurer ! » Une chose qu’il serait difficile d’exprimer, c’est la satisfaction du roi en entendant ces paroles. En dépit de l’étiquette, il se mit à rire lui-même, et, comme les courtisans ne manquèrent pas de l’imiter, comme les valets des antichambres et les hallebardiers de la porte, entendant qu’on riait, crurent bon de rire aussi, ce fut dans tout le palais un si joyeux tumulte d’hilarité que le sapajou de la princesse, debout sur la queue de la robe, n’y put tenir, et se prit les côtes, en pouffant !
Cependant le roi se tourna vers celui à qui l’on devait l’heureux événement :
— J’ai engagé ma parole royale, et ne me dédirai pas ! Quoi que tu désires, parle sans crainte : Je te l’accorderai.
Le jeune pêcheur s’agenouilla.