Djebel Kourt. (Vue prise du chemin d’El Qçar à Fâs, à l’ouest-sud-ouest et à environ 12 kilomètres de la montagne.) Croquis de l’auteur.
Je n’ai traversé aujourd’hui qu’une seule rivière, mais elle est importante : c’est l’Ouad el Qous (berges de terre à 1/1 de 7 à 8 mètres de haut ; eau courante de 60 à 70 centimètres de profondeur et de 20 à 25 mètres de large ; lit de gravier).
Une caravane qui chemine en ces pays arrive toujours plus nombreuse qu’elle n’était partie. En marche, elle se grossit de tous les isolés qu’elle rencontre et qui suivent la même route. A chaque gîte, elle s’accroît de quelques personnes qui profitent de l’occasion. El ạmara mliḥa, « la société est bonne », dit-on : la société est une sûreté et souvent une économie. Cinq au départ, nous sommes déjà une douzaine : nous arriverons quinze ou vingt à Fâs.
9 juillet.
Départ à 4 heures et demie du matin. Nous reprenons notre marche au travers du même pays. A 2 heures, nous parvenons au bord de l’Ouad Ouerṛa. Le fond de la vallée, très large ici, est limité des deux côtés par un talus de terre presque à pic d’une dizaine de mètres de hauteur. L’aspect de la vallée est riant : c’est une grande prairie où paissent de nombreux troupeaux ; quelques bouquets d’arbres l’ombragent ; des jardins, des douars s’y voient en grand nombre. Au milieu, la rivière, large de 80 mètres, aux eaux vertes, coule claire et rapide sur un lit de galets. Ce lit est bordé de berges de terre à pic, de 4 à 5 mètres de haut ; la largeur de la rivière atteint près de 100 mètres au gué où nous la traversons ; en ce point, elle a environ 60 centimètres de profondeur ; au-dessous, son cours se rétrécit, mais elle devient profonde de 1m,50. Nous nous arrêtons sur la rive gauche de l’ouad, dans un petit douar ombragé de figuiers : c’est là que nous passerons la nuit.
Avant d’arriver à l’Ouad Ouerṛa, j’avais franchi un cours d’eau assez important, l’Ouad Rḍât (berges de terre de 4 à 5 mètres de haut ; eau claire et courante de 50 centimètres de profondeur ; 15 mètres de large ; lit de gravier). Aujourd’hui, un peu moins de monde sur le chemin que les jours derniers. Les cultures semblent aussi un peu moins nombreuses et moins soignées. Les pâturages augmentent.
Djebel Tselfat. (Vue prise du chemin d’El Qçar à Fâs, à environ 16 kilomètres de la montagne.) Croquis de l’auteur.