[9]Parmi ces cherifs, se distingue au premier rang la famille des Oulad El Maddjich ; ils font partie de la descendance de Sidi Ạbd es Selam ben Mechich, célèbre saint marocain mort en 1227 de J.-C. et enterré non loin de Tétouan, au Djebel el Ạlam.

C’est à l’obligeance de M. Pilard, ancien interprète militaire, qui d’ailleurs m’a, ainsi qu’on le verra, fourni la matière de plusieurs autres notes, que je dois ce renseignement. Le Djebel el Ạlam, où se trouve le mausolée de Sidi Ạbd es Selam ben Mechich, est situé à une journée de marche de Tétouan, dans le Djebel Beni Ḥasan. Il fait partie de cette chaîne. Il s’élève sur son versant oriental.

[10]Que Dieu fasse brûler éternellement le père qui t’a engendré, Juif !

[11]Musulman qui a fait le pèlerinage de la Mecque.

[12]Les expressions de Qebaïl, Chellaḥa, Ḥaraṭîn, Berâber, sont autant de mots employés par les Arabes pour désigner une race unique dont le nom national, le seul que se donnent ses membres, est celui d’Amaziṛ (féminin Tamaziṛt, pluriel Imaziṛen). Au Maroc, les Arabes appellent Qebaïl les Imaziṛen de la partie septentrionale, ceux qui habitent au nord du parallèle de Fâs ; ils donnent le nom de Chellaḥa à tous les Imaziṛen blancs résidant au sud de cette ligne[a] ; celui de Ḥaraṭîn aux Imaziṛen noirs, Leucaethiopes des anciens ; enfin celui de Berâber est réservé à la puissante tribu tamaziṛt dont il est proprement le nom. M. le colonel Carette ne s’était pas trompé en disant que le mot de Berâber, appliqué par les généalogistes arabes à toute la race tamaziṛt, devait être celui de quelque tribu importante de ce peuple, tribu dont on avait par erreur étendu le nom à toutes les autres. Cette tribu des Berâber existe toujours : c’est encore aujourd’hui la plus puissante du Maroc ; elle occupe toute la portion du Sahara comprise entre l’Ouad Dra et l’Ouad Ziz, possède presque en entier le cours de ces deux fleuves, et déborde en bien des points sur le flanc nord du Grand Atlas ; elle est jusqu’à ce jour restée compacte, et elle réunit chaque année en assemblée générale les chefs de ses nombreuses fractions : nous donnerons ailleurs sa décomposition. Dans le Sahara, dans le bassin de la Mlouïa, on est près de la tribu des Berâber : on la connaît ; on n’a garde d’appliquer son nom à d’autres qu’à elle. Mais qu’on s’éloigne vers le nord, qu’on aille à Fâs ou à Sfrou, on trouve déjà la confusion. On entend généraliser le nom de la célèbre tribu du sud et l’appliquer indifféremment à toutes celles des environs qui parlent la même langue, comme les Aït Ioussi, les Beni Ouaṛaïn, les Beni Mgild, les Zaïan, etc., tribus que, mieux informés, les Arabes de Qçâbi ech Cheurfa ou des Oulad el Ḥadj auront soin de n’appeler jamais que du nom général de Chellaḥa. Pour nous, suivant l’exemple des tribus limitrophes des Berâber, nous donnerons le nom de Qebaïl aux Imaziṛen que l’usage fait désigner ainsi, aux autres celui de Chellaḥa ou de Ḥaraṭîn, réservant celui de Berâber pour la seule tribu à laquelle il appartient.

[a]En d’autres termes, et plus exactement, les Imaziṛen du massif Rifain sont appelés Qebaïl et ceux du massif Atlantique Chellaḥa. La ligne de démarcation entre les deux noms est la large trouée qui sépare les deux massifs, celle qui conduit de Lalla Maṛnia à Fâs et de là à l’Océan par la vallée du Sebou.

[13]La belṛa est une sorte de pantoufle très large, en cuir souple, à semelle mince, sans talon. C’est la seule chaussure qu’on voie au Maroc.

[14]Les nouara hebila sont de larges fleurs blanches portées par des tiges raides qui atteignent jusqu’à 1m,20 à 1m,40 de hauteur ; elles poussent sans culture, très serrées, formant comme de vastes champs blancs ; les tiges ont en moyenne 1 mètre à 1m,20 d’élévation ; elles servent, une fois sèches, à allumer le feu et à faire des huttes grossières. Cette plante n’est propre à aucun autre usage : les animaux ne la mangent point.

[15]La tribu des Bdaoua fait partie de la province d’El Ạraïch, province gouvernée par un qaïd résidant à El Ạraïch. Les Bdaoua, ainsi que toutes les populations que je rencontrerai d’ici à Fâs, ne parlent que l’arabe.

[16]Le grand château.