Elle était assise, faisant jouer son aiguille, devant le feu, et se chantant à elle-même. C'était bien la gaie, la laborieuse, la constante petite Dot! Toutes ces figures de fées tournaient autour de lui et concentraient leurs regards sur lui, et semblaient dire: — Est-ce là la jeune femme que vous pleurez!
Des sons joyeux venaient du dehors, des instruments de musique, des conversations animées et des rires.
Une troupe de gens en gaieté se précipitaient dans la maison; parmi lesquels étaient May Fielding et une vingtaine de jeunes filles. Dot était la plus belle de toutes, aussi jeune qu'aucune d'elles. Elles venaient l'inviter à se joindre à elles. Il s'agissait de danser. Si jamais petit pied a été fait pour danser, c'était bien le sien. Mais elle riait, et elle secouait la tête, en montrant sa cuisine sur le feu, et sa table prête à être servie, et elle avait un air triomphant qui la rendait encore plus charmante. Elle les renvoyait donc gaiement, et les saluant une à une avec une indifférence comique à mesure qu'elles passaient. Et cependant l'indifférence n'était pas son caractère. Oh non! car en ce moment un certain voiturier paraissait à la porte, et Dieu! quelle réception elle lui faisait!
Les fées tournèrent encore une fois autour de lui, et semblèrent lui dire: — Est-ce là la femme qui vous a oublié!
Une ombre tomba sur le miroir ou le tableau: appelez-le comme vous voudrez. C'était la grande ombre de l'étranger, comme quand il parut la première fois sous son toit; il en couvrait toute la surface et en cachait tous les autres objets. Mais les fées s'efforçaient de le faire encore disparaître, et Dot y reparut encore brillante de beauté, berçant son enfant, lui chantant doucement et appuyant sa tête sur une épaule qui réfléchissait celle auprès de laquelle se tenait le Grillon fée.
La nuit, — j'entends la nuit réelle, et non celle produite par les fées, — s'avançait; et pendant que le voiturier se livrait à ces pensées, la lune se leva et brilla dans le ciel. Peut-être quelque lumière calme et paisible s'était levée dans son esprit, et il put réfléchir avec plus de sang-froid à ce qui était arrivé.
Quoique l'ombre de l'étranger tombât par intervalles sur la glace, toujours distincte et bien marquée, elle n'était pas si noire qu'auparavant. Toutes les fois qu'elle paraissait, les fées jetaient un cri de consternation, et agitaient leurs petits bras et leurs petites jambes avec une activité inconcevable pour la faire disparaître. Et quand elles réussissaient à faire apparaître Dot et à la lui montrer belle et radieuse, elles manifestaient la joie la plus communicative.
Elles ne la montraient que belle et radieuse, car c'étaient des esprits domestiques pour qui la fausseté est l'anéantissement, et leur nature était telle; Dot n'était pour elles qu'une petite créature active, rayonnante et agréable qui avait été la lumière et le soleil du voiturier.
Les fées étaient très animées quand elles la montraient avec son enfant, causant au milieu d'un groupe de sages matrones, et affectant d'être une vieille matrone comme elles, s'appuyant à l'ancienne mode sur le bras de son mari, en s'efforçant, cette charmante petite femme, de faire voir qu'elle avait abjuré les vanités du monde en général, et qu'elle était parfaitement au fait de son métier de mère; elles la montraient encore riant de la gaucherie du voiturier, relevant son col de chemise pour le faire ressembler à un petit maître, et tâchant de lui apprendre à danser.
Les fées tournaient et s'agitaient autour de lui quand elles la montraient avec la jeune fille aveugle; car quoiqu'elle apportât la gaîté et l'animation partout où elle allait, elle faisait toujours plus ressentir ces douces influences dans la maison de Caleb Plummer. L'amitié de la jeune fille aveugle pour elle, sa confiance et sa reconnaissance envers elle, la modestie avec laquelle elle repoussait les remerciements de Berthe, sa dextérité à employer chaque instant de sa visite à quelque chose d'utile dans la maison, et travaillant en réalité beaucoup en ayant l'air de se reposer comme un jour de fête; les provisions délicates qu'elle apportait, sa figure radieuse quand elle paraissait à la porte et quand elle prenait congé; cette expression étonnante depuis les pieds jusqu'à la tête de faire partie de sa maison, comme chose nécessaire dont on ne pouvait se passer, voilà ce dont les fées se réjouissaient, et pourquoi elles l'aimaient. Elles le regardèrent encore toutes à la fois d'un oeil interrogateur, tandis que quelques-unes se nichaient dans les vêtements de Dot et la caressaient, et elles semblaient lui dire: «Est-ce là la femme qui a trahi votre confiance?»