—Je ne veux pas autre chose.

—Pour tout de bon, sans rire?»

Il crut à une coquetterie.

—«Sur mon honneur, dit-il chaleureusement, vous me ferez, en m'accordant cette main-là, la plus royale charité d'amour qu'une femme ait jamais pu faire!»

Elle fit une moue de regret poli.

—«Voilà qui est bien dommage; car cette charité, je ne peux pas vous la faire.

—Pourquoi?

—Parce que.—En vérité, je ne peux pas.»

Il ne s'attendait pas à ce qu'elle tombât dans ses bras. Les femmes ne disent oui qu'une fois; il le savait mieux que personne.

—«Mademoiselle,—il était debout, prêt à se retirer,—daignez m'écouter; ceci n'est pas un jeu, il y va de mon bonheur et peut-être du vôtre. Vous savez qui je suis, mon nom, ma situation, ma vie; j'ai de l'argent, sinon de la fortune; la femme que j'épouserai sera heureuse de plus d'une manière. Cette femme sera vous, ou nulle autre, car je vous aime passionnément, comme je n'ai jamais aimé.—Ne répondez pas! pas encore.—Il n'y a rien dans mes paroles dont vous puissiez être offensée. Réfléchissez; prenez du temps; demandez conseil. J'attendrai deux jours, trois jours, une semaine.... Et songez surtout que ma vie est à vous, et mon sort entre vos mains.»