[6] J'entends très bien qu'on va m'objecter:—Nous-mêmes, Français avons actuellement (1921), en Syrie et en Cilicie, un conflit oriental; un conflit franco-turc! Est-ce à dire qu'en Cilicie et qu'en Syrie la France a tort, et les Turcs raison?
Mon Dieu! non!... pas tout à fait... La France, certes, dépossédée par l'Europe entière et par l'Angleterre surtout des droits privilégiés qu'elle détenait en Turquie depuis François Ier (1527!) a raison de vouloir en dédommagement de ces droits qu'elle acheta par quatre cents années d'alliance bonne ou mauvaise, et qu'on lui vole, la France a raison de vouloir obtenir une compensation: le Liban...
Mais la Turquie, qui n'a rien du tout volé à la France, a raison de défendre son bien contre tout le monde et contre chacun, même contre la France...
Et, si je n'étais Français, de quel bon cœur je me battrais pour la Turquie contre la Grèce, contre l'Angleterre, contre à peu près toute l'Europe, aux côtés de mon ami d'Angora, Kemal-pacha!
[7] Depuis le massacre des chiens de Stamboul, les coquins ci-dessus désignés,—soi disant Jeunes-Turcs? ni Turcs, ni jeunes!—ont d'ailleurs donné derechef leur mesure, en massacrant leur patrie (ou plutôt la patrie qu'ils prétendaient leur) à peu près aussi élégamment qu'ils avaient massacré les chiens turcs,—vraiment turcs, eux.
[8] Tout de même, il n'est que juste d'ajouter que les Turcs y sont vraiment allés de main morte, quand on compare leurs «massacres» à l'extermination systématique et ignoble à laquelle procédèrent les troupes régulières de Grèce et de Bulgarie pendant et après la guerre de 1912–1913;—à laquelle procèdent actuellement les armées grecques d'Anatolie.