– Maman, lui dit-elle, je voudrais bien manger des fraises!

– Des fraises, ma chérie? lui répond amoureusement sa mère, mais tu sais bien qu'il n'y en a plus! La saison en est passée. Veux-tu que je t'achète des oranges?

– Non, maman, je ne veux pas d'oranges. Ce sont des fraises que je veux!

Et elle se met à pleurer. Une mère raisonnable lui aurait dit alors:

– Que signifient tous ces caprices? Tu vas te taire à l'instant, ou sinon je te donne le fouet.

Mais Faucon n'était pas une mère raisonnable, habituée à céder à toutes les fantaisies de son enfant elle lui répond, en caressant ses cheveux:

– Allons! ma mignonne, ne pleure pas, je vais voir s'il y a moyen de te procurer des fraises.

Elle appelle Chrysanthème qui travaillait à la cuisine. Celle-ci accourt aussitôt.

– Écoute, petite paresseuse, dit la marâtre d'un ton rogue, ta sœur Rose désire manger des fraises. Va-t'en dans la campagne. Il en reste peut-être encore… tâche d'en trouver et d'en rapporter quelques-unes.

– Mais, ma mère, se hasarde timidement à dire la fillette, il ne doit plus y en avoir. Et puis, il fait bien froid et la neige…