Or Jiro connaît tout cela. Il connaît le cœur honnête et pieux du brave vieillard et ses idées arrêtées sur la métempsychose. Un jour, il vient le trouver. Il a pris une figure de circonstance, grave et mélancolique.

– Bonjour, Monsieur Bacayémon, le temps est beau aujourd'hui.

– Ah! c'est toi, Jiro! En effet, il fait un temps superbe. Et comment vas-tu?

– Merci, je vais bien. A propos, est-ce que vous auriez par hasard une truie chez vous?

– Mais oui, j'en ai une! Et après?

– Ah! mais, c'est donc vrai!

Et voilà que la figure du jeune espiègle s'illumine tout à coup d'un rayonnement de joie intense. Le brave vieillard, tout surpris s'écrie:

– Pourquoi donc cette joie, Jiro? Qu'est-ce que cela peut te faire, que j'aie une truie chez moi?

– Ah! Monsieur, si vous saviez!… Mais y aurait-il de l'indiscrétion à vous demander de me la laisser voir un tout petit instant?

– Rien de plus facile, mon ami. Viens!