Je ne restai que quelques jours à Genlis ; on m’y donna le divertissement de la pêche des étangs. Pour mon malheur, j’y allai avec des petits souliers blancs brodés ; arrivée au bord des étangs, je m’y embourbai ; mon beau-frère vint à mon secours, remarqua mes souliers, se mit à rire, et m’appela une jolie dame de Paris, ce qui me choqua beaucoup ; car, ayant été élevée dans un château, j’avais annoncé toutes les prétentions d’une personne qui n’était étrangère à aucune occupation champêtre. En entendant répéter que j’étais une belle dame de Paris, mon dépit devint extrême ; alors je me penche, je ramasse un petit poisson, long comme le doigt et je l’avale tout entier, en disant : « Voyez comme je suis une belle dame de Paris. » J’ai fait d’autres folies dans ma vie ; mais certainement je n’ai jamais rien fait d’aussi bizarre. Tout le monde fut confondu. M. de Genlis me gronda beaucoup, et me fit peur en me disant que ce poisson pouvait vivre et grossir dans mon estomac, frayeur que je conservai pendant plusieurs mois.

Dans les derniers jours de novembre, M. de Genlis me conduisit à l’abbaye d’Origny-Sainte-Benoîte, à huit lieues de Genlis et à deux de Saint-Quentin. Je devais y passer quatre mois, c’est-à-dire tout le temps que mon mari resterait à Nancy, où se trouvait le régiment des grenadiers de France, dont il était l’un des vingt-quatre colonels. Me trouvant trop jeune pour m’emmener à Nancy, M. de Genlis pensa avec raison qu’il était plus convenable de me laisser dans un couvent où il avait des parentes. D’ailleurs dans ce temps il n’était pas d’usage que les jeunes femmes suivissent leurs maris dans leurs garnisons. Je pleurai beaucoup en me séparant de M. de Genlis, et ensuite je m’amusai infiniment à Origny. Cette abbaye était fort riche, elle avait toujours eu pour abbesse une personne d’une grande naissance ; l’abbesse actuelle s’appelait madame de Sabran ; avant elle, c’était madame de Soubise. Quoique les religieuses ne fissent point de preuves de noblesse, elles étaient presque toutes des filles de condition et portaient leurs noms de famille. Les bâtiments de l’abbaye étaient fort beaux et immenses. Il y avait plus de cent religieuses, sans compter les sœurs converses et deux classes de pensionnaires, l’une d’enfants, l’autre pour les jeunes personnes de douze à dix-huit ans. L’éducation y était fort bonne pour former des femmes vertueuses, sédentaires et raisonnables, destinées à vivre en province.

J’avais un joli appartement dans l’intérieur du couvent, j’y étais avec une femme de chambre, j’avais un domestique qui logeait avec les gens de l’abbesse dans les logements extérieurs ; je mangeais à la table de l’abbesse, qui faisait fort bonne chère. Nous étions servies par deux sœurs converses. On m’apportait mon déjeuner dans ma chambre. L’abbesse recevait à dîner et en visite des hommes dans son appartement, mais ces hommes ne pouvaient aller plus avant, et d’ailleurs le couvent était cloîtré. L’abbesse avait des domestiques, une voiture et des chevaux ; elle avait le droit de sortir en voiture, accompagnée de sa chapeline et des religieuses qu’elle nommait pour l’accompagner. Elle allait assez souvent se promener dans les champs, visiter quelques parties de ses possessions, ou des malades auxquels elle portait elle-même des secours ; je l’ai suivie deux fois dans ces courses bienfaisantes, qui étaient plus fréquentes en été. Chaque religieuse avait une jolie cellule, et un joli petit jardin à elle en propre, dans l’intérieur du vaste enclos du jardin général.

Une parente de M. de Genlis s’y trouvait. C’était madame de Rochefort, fille du marquis de Saint-Pouen, et sœur de madame de Balincour. Son père l’avait forcée de se faire religieuse à dix-sept ans ; elle aimait son cousin, le comte de Rochefort, et elle fut très malheureuse pendant les deux premières années de sa profession, ensuite elle s’accoutuma parfaitement à son sort ; elle avait trente ans quand j’arrivai à Origny, et elle était une excellente religieuse. Elle avait un visage agréable, une physionomie intéressante, des mains charmantes, et une très belle taille. Elle me parla beaucoup de sa sœur, madame de Balincour, qu’elle aimait tendrement, et qui tous les ans lui envoyait ces petits présents qui charmaient les religieuses, du sucre, du café, de la laine et de la soie pour broder. Madame de Rochefort, de son côté, lui envoyait toutes sortes de petits ouvrages faits avec soin et cette perfection dont les religieuses semblaient seules avoir le secret. Madame de Rochefort me fit promettre que, lorsque j’irais à Paris, j’engagerais madame de Balincour à demander pour elle à l’archevêque la permission d’aller passer pour sa santé trois ou quatre mois dans sa famille ; c’est-à-dire, chez cette sœur chérie : permission qu’on ne refusait point à des personnes de l’âge et de la considération de madame de Balincour, et pour des religieuses qui avaient passé la première jeunesse. J’intéressai tellement par la suite monsieur et madame de Balincour en faveur de madame de Rochefort, qu’ils la firent venir. Elle passa quatre mois à Balincour, les trois premiers s’écoulèrent dans la paix et dans le bonheur ; mais M. de Balincour la mena chez une jeune paysanne nommée Nicole, qu’il avait mariée quatre ans auparavant. Le tableau champêtre d’une union et d’une félicité parfaite, Nicole au milieu de son heureuse famille, Nicole entourée de ses trois petits enfants, de son jeune mari, de son père et de sa mère, rappela à l’infortunée religieuse ses premières amours, et un bonheur perdu pour elle sans retour…; et tandis que tout le monde contemplait avec plaisir cette scène intéressante, elle se trouva mal… Elle tomba promptement dans une consomption mortelle ; elle ne retourna point dans son couvent ; son père, qui sans doute pour sa punition vivait encore, vint la prendre mourante et l’emmena en Auvergne, dans une terre où peu de temps après elle expira dans ses bras !

Mais revenons à Origny. Je m’y plaisais, on m’y aimait ; je jouais souvent de la harpe chez madame l’abbesse, je chantais des motets dans la tribune de l’église, et je faisais des espiégleries aux religieuses ; je courais les corridors la nuit, c’est-à-dire à minuit, avec des déguisements étranges, communément habillée en diable avec des cornes sur la tête, et le visage barbouillé ; j’allais ainsi réveiller les jeunes religieuses ; chez les vieilles que je savais être bien sourdes, j’entrais doucement, je leur mettais du rouge et des mouches sans les réveiller. Elles se relevaient toutes les nuits pour aller au chœur, et l’on peut juger de leur surprise lorsque, réunies à l’église, s’étant habillées à la hâte sans miroir, elles se voyaient ainsi enluminées et mouchetées. Pendant tout le carnaval, je donnai chez moi, avec la permission de l’abbesse, des bals deux fois la semaine. On me permit de faire entrer le ménétrier du village, qui était borgne, et qui avait soixante ans. Il se piquait de savoir toutes les figures et tous les pas, et je me souviens qu’il appelait les chassés, des flanqués. Mes danseuses étaient les religieuses et les pensionnaires ; les premières figuraient les hommes, et les autres les dames. Je donnais pour rafraîchissements du cidre, et d’excellentes pâtisseries faites dans le couvent. J’ai été depuis à de bien beaux bals, mais certainement je n’ai dansé à aucun d’aussi bon cœur, et avec autant de gaieté.

Ma mère me donna la preuve de tendresse et de bonté de venir me voir à Origny, et de passer avec moi six semaines dans ce couvent ; elle y logea, dans l’intérieur, dans un appartement qui était vacant tout à côté du mien. J’imaginai toutes sortes de choses pour l’amuser. Madame l’abbesse avait une femme de chambre qui la servait depuis dix ans, et qui s’appelait mademoiselle Beaufort ; c’était la meilleure fille du monde, et qui faisait des flans à la crème délicieux, ce qui produisit entre elle et moi une liaison très intime. Elle me parla d’une noce de village qui devait se faire chez des fermiers de sa connaissance à une lieue d’Origny ; elle avait obtenu de madame l’abbesse la permission d’y aller ; je voulus être de la partie, mais mystérieusement, et déguisée en paysanne, avec mademoiselle Victoire, et je déterminai ma mère à venir avec nous, habillée aussi en paysanne, et le tout à l’insu de madame l’abbesse. Mademoiselle Beaufort, charmée de cette invention, nous fournit les habillements, nous nous assurâmes d’une tourière, je fis dire à madame l’abbesse que nous avions la migraine, que nous dînerions dans nos chambres, et nous partîmes furtivement à une heure après midi. Nous allâmes à la ferme en charrette, nous fûmes présentées aux mariés comme des paysannes, parentes de mademoiselle Beaufort, qui ajouta que j’étais sa filleule ; je dansai beaucoup ; j’eus les plus grands succès dans cette assemblée, que nous ne quittâmes qu’au déclin du jour. Mais un orage violent nous attendait à Origny ; on nous avait trahies ; madame l’abbesse savait notre escapade, elle était fort scandalisée de nos déguisements, et surtout que je fusse sortie de la maison sans le lui dire ; je lui représentai doucement qu’étant avec ma mère, cette sortie, du moins, n’avait rien de scandaleux. Madame l’abbesse jeta tout son venin sur mademoiselle Beaufort. Le lendemain matin, la pauvre fille entra dans ma chambre en pleurant et en me disant que madame l’abbesse venait de lui donner son compte. « Eh bien, lui dis-je, consolez-vous, je vous prends à mon service. » Mademoiselle Beaufort fut transportée de joie, et s’installa tout de suite dans mon appartement. Madame l’abbesse eut beau jeter feu et flamme, je persistai avec beaucoup de sang-froid dans ma résolution, et je gardai mademoiselle Beaufort. Nous avions déjà joué dans nos chambres quelques petites scènes pour amuser ma mère les soirs, quand tout le couvent était couché. Mademoiselle Beaufort, à mon grand étonnement, me demanda de lui donner un petit rôle de bergère ; elle avait quarante-cinq ans, ses cheveux étaient gris, elle était fort couperosée, et les deux dents de devant lui manquaient. Nous jouâmes l’Oracle, et je lui fis jouer le rôle de l’amoureux, que Lucinde appelle Charmant, et qu’elle conduit en laisse, avec un ruban couleur de rose : n’ayant point de costume, nous l’habillâmes galamment avec une redingote de Lemire, mon domestique, et nous l’assurâmes qu’il était indispensable qu’elle eût sur la tête un bonnet de coton, brodé en laine de couleur, que lui prêta le laquais de ma mère ; ce fut dans cet agréable équipage qu’elle joua de la manière la plus comique le rôle de Charmant. Comme elle me demandait toujours un rôle de bergère, je fis une petite pastorale pour elle ; nous donnâmes tant de louanges à son jeu et à sa grâce, elle fut si persuadée qu’elle était ravissante dans ce costume, que je lui proposai de le garder toujours, et elle y consentit. De ce moment elle fut constamment habillée en bergère d’idylle, avec des petits habits blancs bordés de rubans de diverses couleurs, et portant sur l’oreille un petit chapeau de paille orné de fleurs, ou coiffée en cheveux qu’elle poudrait à blanc pour cacher ses cheveux gris ; quand elle sortait de chez moi pour aller dans le couvent, j’exigeais toujours qu’elle prît sa houlette, chose dont elle contracta souvent l’habitude. Toutes mes amies encourageaient ses illusions pastorales, et quand les autres se moquaient d’elle, mademoiselle Beaufort disait que c’était pour faire leur cour à madame l’abbesse. Je la gardai ainsi en bergère plus de deux mois, c’est-à-dire jusqu’au moment où M. de Genlis, arrivant de son régiment, vint me prendre : l’aspect de mademoiselle Beaufort (que j’appelais toujours ma bergère) l’étonna beaucoup ; mais, à force d’insistance, je le décidai à l’emmener avec nous à Genlis, et en lui conservant son costume, et bientôt cette complaisance devint pour lui un véritable amusement. Je conservai ma bergère à Genlis pendant deux ou trois mois, ensuite un héritage inattendu et très considérable pour elle, l’appela à Noyon. Comme elle avait fait nos délices, nos adieux furent très tendres. Pour achever son histoire, je dois dire qu’elle hérita de trente-deux mille francs et que peu de mois après elle eut la folie d’épouser un jeune homme de vingt-trois ans, qui n’avait rien, et qui lui persuada qu’il était éperdument amoureux d’elle.

En quittant Origny, nous allâmes sur-le-champ à Genlis ; mon beau-frère était à Paris, d’où il ne devait revenir qu’au mois de juillet. En attendant nous fîmes des visites dans les châteaux voisins ; presque tous nos voisins étaient vieux, mais tous d’une fort bonne société, entre autres M. le marquis de Flavigny et sa femme, M. de Bournonville qui avait douze enfants, le président de Vauxmenil dont le fils dessinait supérieurement le paysage, et M. de Saint-Cenis, le seul qui eût une jeune femme.

Dans ce temps j’appris à monter à cheval, et d’une singulière manière. Je me baignais, et on allait chercher, pour mes bains, de l’eau dans une rivière à une demi-lieue. Un seul cheval de charrue traînait le tonneau que l’on devait remplir d’eau. Un jour que j’étais seule au château, je vis par ma fenêtre le charretier Jean partir, conduisant à pied son équipage. Il me parut charmant de monter sur ce gros cheval, et d’aller ainsi chercher mon eau moi-même. Je descendis précipitamment dans la cour, Jean m’établit jambe de-ci, jambe de-là, sur le cou de son cheval, et nous partîmes. Je trouvai cette promenade si agréable, que pendant dix ou douze jours je n’en fis pas d’autres. Je pris ainsi un grand goût d’équitation, et l’on me permit de monter un vieux petit cheval gris qui avait encore de bonnes jambes ; on me fit faire un habit d’amazone, et l’on me trouva si bien à cheval, qu’on me donna un grand beau cheval navarrin, qui, quoique plus vieux que moi, avait une grande vitesse et des jambes très sûres. Quelques mois après, M. Bourgeois, officier de fortune en garnison à Chauny, et un très grand homme de cheval, me trouvant parfaitement posée, voulut me donner des leçons ; j’en pris tous les jours pendant huit mois, et je devins très habile. Cet exercice, que j’aimais passionnément, fortifia beaucoup ma santé. Nous faisions souvent de très longues chasses de sanglier. Un jour j’imaginai de me perdre exprès, dans l’espoir qu’il m’arriverait une aventure extraordinaire. Je m’enfonçai dans des routes détournées, ayant bien soin de tourner le dos à la chasse, et de fuir le bruit des chiens et des cors. Bientôt j’eus la satisfaction de ne plus rien entendre et de me trouver dans des lieux tout à fait inconnus. Je poussais toujours mon cheval au galop ; ce que je désirais était de rencontrer un château que je n’eusse jamais vu, d’y trouver des habitants pleins d’esprit et de politesse me donnant l’hospitalité. Au bout de trois heures, courant toujours au hasard, cherchant vainement, je commençai à m’inquiéter, j’imaginai que j’étais au moins à douze lieues de Genlis ; j’avais faim, je ne voyais point de gîte, et je m’avisai tout à coup de penser que l’on était, au château de Genlis, dans de vives alarmes ; enfin, après avoir erré encore longtemps, je rencontrai un bûcheron qui m’apprit, à mon grand étonnement, que je n’étais qu’à trois lieues de Genlis. Je lui demandai de m’y conduire : il fallut aller au pas et je n’y arrivai qu’à la nuit fermée. On avait envoyé de tous les côtés, dans les bois immenses de Genlis, des hommes à cheval sonnant du cor ; M. de Genlis était aussi à ma poursuite et ne revint qu’une heure après moi. Je fus horriblement grondée, et je le méritais ; j’eus la bonne foi d’avouer que je m’étais perdue à dessein, et je donnai ma parole qu’à l’avenir je ne chercherais plus des terres inconnues.

Nous retournâmes à Paris pour le mariage de mon beau-frère. Il épousa mademoiselle de Vilmeur, âgée de quinze ans ; M. le marquis de Puisieux consentit à lui servir de père, et mon beau-frère décida que je lui servirais de mère : ce qui fut assez singulier, non seulement parce que je n’avais que trois ans et demi de plus que la mariée, mais parce que j’allais voir pour la première fois à cette cérémonie ce chef de la famille qui m’avais jusque-là montré tant de rigueur, et qui serait obligé de me conduire dans l’église ; ce qu’il fit de fort bonne grâce. Il était très paré ; il avait son cordon bleu passé par-dessus son habit, il me parut éblouissant et terrible. Comme il me donnait la main, il s’aperçut que je tremblais : « Vous avez froid, madame, me dit-il ; je répondis naïvement : — Ce n’est pas cela. » Il m’a dit depuis que le ton dont je prononçai ces paroles le toucha jusqu’aux larmes. Le repas de noce se fit avec une grande magnificence à la campagne chez le chevalier Courten (à la Planchette) ; presque toute la famille y vint. Madame de Puisieux, sa fille la maréchale d’Étrée, madame la princesse de Benting, monsieur et madame de Noailles, le duc d’Harcourt, et beaucoup d’autres. Mes amis, monsieur et madame de Balincour et madame de Sailly, n’y étaient pas, ni M. de Souvré ; je les regrettai bien. Je fus traitée avec beaucoup de politesse, mais froidement par toutes les dames ; je gardai un profond silence. On s’occupa à l’excès de ma belle-sœur ; on vanta sa beauté ; madame de Puisieux et la maréchale la caressèrent excessivement. Je crus m’apercevoir qu’on y mettait un peu d’affectation ; cette idée m’ôta ma timidité. Toutes les fois qu’on a eu le dessein de me piquer, je ne sais quelle fierté m’a constamment mise au-dessus de l’offense qu’on voulait me faire, en me donnant une indifférence parfaite.

Toute la compagnie resta jusqu’à onze heures du soir. Mais les nouveaux mariés, M. de Genlis et moi nous passâmes six jours dans cette maison. Ce temps me suffit pour prendre une grande amitié pour ma belle-sœur. Elle était belle, et sa figure eût été charmante, sans un rire désagréable, qui ne montrait pas de belles dents, et qui laissait voir deux doigts de gencives toujours gonflées ; mais quand elle ne riait pas, son visage était beau et très agréable ; aussi M. de Villepaton disait d’elle : — Que sérieusement parlant elle était très jolie. Elle avait reçu une éducation fort négligée, cependant elle n’était jamais oisive, elle aimait l’ouvrage, brodait parfaitement, et était adroite comme une fée. Elle était très violente, et fort contrariante ; elle avait des obstinations d’enfant, mais au fond elle était bonne, obligeante, naturelle, et très gaie. Nous n’avons jamais eu ensemble la plus légère dispute, et je fus enchantée d’avoir une compagne si jeune et si aimable pour moi.