| Locut. vic. | On a fait hier six noces à la mairie, à l’église. |
| Locut. corr. | On a fait hier six mariages à la mairie, à l’église. |
Il existe entre ces deux mots une différence très grande, et dont assez généralement on tient fort peu de compte. Le mariage est la cérémonie civile ou religieuse qui unit les époux, la noce est la petite fête qui suit ordinairement cette cérémonie. Un maire fait un mariage, un traiteur fait une noce; témoin cette vieille inscription: Un tel, traiteur, fait nopces et festins. On ne fait pas de noce sans mariage, mais on peut faire un mariage sans noce. Il s’ensuit donc que l’on pourrait dire: j’ai assisté au mariage de M. un tel, mais je n’étais pas à sa noce; ou bien: j’étais à sa noce, mais non à son mariage.
Noce ne peut être employé pour mariage qu’au pluriel. Il a épousé en secondes noces une sœur de sa première femme.
MARIER AVEC.
| Locut. vic. | Il a marié sa nièce avec un vieillard. |
| Locut. corr. | Il a marié sa nièce à un vieillard. |
MM. Laveaux et Girault-Duvivier pensent qu’on peut dire marier à et marier avec. Marier à quand il est question de deux choses qui se confondent ensemble, et dont l’union forme un tout: marier le luth à la voix; marier avec quand il est question de choses qui ne sont que jointes ensemble, et restent distinctes après leur jonction: marier la vigne avec l’ormeau.
On lit cependant dans Delille:
La vigne, si je veux, s’y marie aux ormeaux.
L’Académie n’adopte que l’expression marier avec. Notre opinion à nous est que le verbe marier renfermant une idée d’union, c’est faire un pléonasme que de joindre le régime direct de ce verbe à son régime indirect par la préposition avec qui présente encore la même idée, et qu’on a pour cette raison nommée conjonctive. A, qui exprime plus particulièrement un rapport de tendance, nous paraît convenir beaucoup mieux après le verbe marier.