Imiter, et même imiter fort bien ce qui est fort bon, n’est pas faire œuvre de génie; mais imiter ce qui est mauvais, c’est assurément faire œuvre de sot, et c’est précisément cette œuvre de sot que nous faisons, lorsque nous énonçons dans une adresse, à la manière des Anglais, d’abord le nom de la ville, puis le numéro de la maison, et enfin le nom de la rue. Il nous a toujours paru plus logique (et, malgré la mode, nous conservons aujourd’hui la même opinion) de commencer par désigner la ville, ensuite la rue, et en dernier lieu le numéro, parce que c’est réellement dans cet ordre que se trouve l’importance relative de ces indications. Bien certainement, lorsqu’il s’agit de trouver quelqu’un, la première chose à savoir, c’est le lieu qu’il habite; la seconde, le nom de la rue où il demeure, et le numéro de la maison est d’une importance si petite, qu’on parviendrait souvent, sans le connaître, au but de ses recherches.

La mode peut être bonne pour les habillemens, et encore seulement pour les habillemens de femmes, mais de grâce gardons-nous bien de la laisser se mêler de notre langue qui a déjà bien assez de caprices sans cela.—Numéro doit prendre un s au pluriel. C’est là le sentiment de l’Académie.


OASIS.

Locut. vic.Nous trouvâmes enfin un oasis.
Locut. corr.Nous trouvâmes enfin une oasis.

Les Dictionnaires qui donnent le mot oasis (et celui de l’Académie de 1802 n’est pas de ce nombre) le font féminin. Cela devait être, d’après l’étymologie arabe. Oasis est aussi féminin en latin: oasis magna, oasis parva. (Dict. géogr. de Vosgien.)

On lit dans Malte-Brun (Traité élémentaire de géogr. t. II, p. 232): «Au milieu de ces mers de sable, apparaissent çà et là, comme des îles, ces verdoyantes oasis, qui offrent au milieu de la plus fatigante stérilité, le contraste consolant de quelques terrains doués de la fertilité la plus riche.»

M. V. Jacquemont (Corresp. sur l’Inde, t. I.) l’a cru masculin: «Nous sommes descendus à l’entrée d’un oasis délicieux.» Il fallait une oasis délicieuse.


OBÉI.