Locut. vic.Voulez-vous manger un oubli?
Locut. corr.Voulez-vous manger une oublie?

Les oublies sont cette sorte de pâtisserie mince, croustillante et de figure conique, que les enfans aiment tant.

On disait en vieux français des oublées, et ce mot était aussi féminin.

A grant plenté i ont trovées

Oublées bien envelopées

Dedenz une blanche toaille.

(Roman du Renard. V. 3087.)


OUEST.

Il y a en France deux prononciations bien distinctes des mots ouest, est et sud. L’une est la prononciation générale, que nous ne peindrons pas, parce qu’elle est assez connue; l’autre est la prononciation exceptionnelle en usage parmi les marins, et qui, dans certains noms composés des rumbs de vent, et seulement dans ces noms composés, change ouest en oua, est en et et sud en sur, comme nord-ouest, sud-est, sud-ouest, nord-est qui se prononcent noroua, sué, suroua, nordé. Nous ne pouvons certainement pas engager nos compatriotes à adopter une prononciation tout-à-fait hétéroclite, et nous sommes même loin d’y songer, mais comme il faut hurler avec les loups, les loups de mer bien entendu, nous croyons que toute personne qui sera appelée à exercer quelque autorité sur nos marins, fera fort bien de ne pas trop dédaigner leur manière de prononcer les noms des vents. Il faut songer que si leur prononciation excite de notre part le rire moqueur, la nôtre produit sur eux le même effet; la raison est, il est vrai, pour nous, mais le matelot qui prononce mal, croit aussi l’avoir pour lui, et un nord-ouest prononcé devant lui avec pureté, aura bien certainement pour effet infaillible de lui faire croire que celui qui l’a dit n’est qu’un Parisien; c’est-à-dire ce qu’il y a de plus anti-marin au monde, dans l’opinion des marins. Le passage suivant d’un de nos premiers romanciers maritimes, vient à l’appui de ce que nous venons de dire.