On trouve dans La Baumelle: son antichambre fut désert; lisez déserte.
ANTÉDILUVIEN.
| Locut. vic. | L’opinion antédiluvienne, les pasteurs antidiluviens. |
| Locut. corr. | L’opinion antidiluvienne, les pasteurs antédiluviens. |
N’employez pas l’adjectif antédiluvien pour qualifier l’opinion qui nie le déluge. Il faut dire: l’opinion antidiluvienne. Mais, si vous vouliez parler des hommes ou des choses qui ont existé avant le déluge, ce serait le mot antédiluvien qu’il faudrait choisir; une histoire antédiluvienne. Dans le premier cas, il y a opposition marquée par anti, dans le second, antériorité marquée par anté. L’usage a malheureusement établi bien des dérogations à ce principe étymologique, comme dans les mots antidate, antichambre, antéchrist, etc., qu’on devrait écrire antédate, antéchambre, antichrist, etc.; mais il faut bien se résoudre à passer condamnation sur des abus consacrés par le temps, et qu’il est pour cette raison impossible de déraciner actuellement. Ce que peuvent faire au moins nos grammairiens, c’est d’empêcher cette confusion d’avoir lieu dans les mots qui s’introduisent actuellement dans la langue, et c’est ce que n’ont pas fait assurément nos modernes lexicographes qui en sont encore à trouver une différence entre les adjectifs antédiluvien et antidiluvien.
AOUT.
| Prononc. vic. | Le mois d’a-oûte. |
| Prononc. corr. | Le mois d’oû. |
Il n’y a plus aujourd’hui, parmi les gens qui ont une certaine connaissance de la langue française, que très-peu d’opposans à la règle qui fait prononcer le nom du huitième mois de l’année comme s’il était écrit oût. On donne pour cause de ce changement d’une vieille prononciation nationale cette réflexion comique d’un magistrat, le président de Bellièvre: «Je crois entendre miauler des chats, quand j’entends dire aux procureurs: la Notre-Dame de la mi-août (Mi-a-oût).» Voyez à quoi tient cependant cet usage qu’on nous représente comme une puissance si formidable. Le voilà qui tombe ici devant une plaisanterie.
Maintenant donc que la prononciation du substantif août ne fait plus qu’une seule syllabe, pourquoi s’obstiner à en donner deux au verbe aoûter (mûrir par le soleil d’août), lequel verbe vient évidemment du substantif août? La contradiction n’est-elle pas bien manifeste? Nous engageons les personnes qui font août d’une syllabe, à ramener tous les mots ayant la même racine, comme aoûter, aoûteron, à une prononciation uniforme, c’est-à-dire à prononcer oûter, oûteron, ou si elles persistent à faire août de deux syllabes, à prononcer en conséquence a-oûter, a-oûteron; car il serait en vérité trop absurde que la loi de l’analogie ne pût avoir au moins autant de puissance qu’une plaisanterie, quelque bonne qu’elle soit d’ailleurs.