Que de grammairiens alors auraient fait une injuste querelle au législateur poétique de la France! car cette faute a été si souvent relevée, que nous avons presque honte de la relever nous-même. Qui ne sait, au reste, qu’un commentateur est toujours pénétré pour son auteur des mêmes sentimens d’adoration outrée, qu’un Tatar pour son Grand-Lama, ou qu’un amant pour sa maîtresse?

Molière a dit, il est vrai: «Puis-je croire que ce soit à vous à qui je doive la pensée de cet heureux stratagême.» (L’Amour médecin; act. III, sc. 6.) Qu’est-ce que cela prouve? C’est que Molière a fait la même faute que Boileau, à une époque où, pour être juste, il faut avouer qu’elle était assez commune.


QUI PLANTE (ARRIVE).

Locut. vic.Faites votre devoir, arrive qui plante.
Locut. corr.Faites votre devoir, arrive que plante.

La synthèse de cette locution est: (qu’il) arrive (ce) que (l’on) plante, c’est-à-dire: n’importe quoi. Qui, à la place de que ne pourrait pas être expliqué.


QUIDAM.

Locut. vic.Nous rencontrâmes certain quidam.
Locut. corr.Nous rencontrâmes un quidam.

Un certain quidam est, comme le remarque fort bien M. Ch. Nodier (Exam. crit. des Dict.), une battologie ridicule. On doit dire un quidam. Nous trouvons cependant cette phrase dans un dictionnaire tout récent. On a appris de certains quidams que, etc., et dans Rhulière le vers suivant: