«Quand les gens de distinction demeurent à Paris, ils logent dans des hôtels; et quand ils demeurent à la campagne, ils logent dans des châteaux.» (Girard, Synonymes.)
—«Les Normands ne se peuvent défaire de leur rester pour demeurer: Comme je resterai ici tout l’été, pour dire: je demeurerai» (Vaugelas, Rem. 139e.)
Rester n’est bon que quand il signifie être de reste; on dira fort bien en parlant d’un grand carnage: Il n’en resta pas même un seul pour en porter la nouvelle, c’est-à-dire, il n’y en eut pas même un seul de reste qui pût en porter la nouvelle; et c’est en ce sens que M. Fléchier se sert fort à propos de ce verbe, lorsqu’il dit, dans l’Histoire de Théodose: Ils chargèrent si bien ces barbares qu’il n’en resta qu’un petit nombre. Hors ces occasions, rester ne vaut rien; c’est à quoi peu de gens prennent garde, même parmi ceux qui parlent le mieux. Le nouveau traducteur d’Horace dit dans la onzième épître: «Aimez-vous mieux rester à Lébède que de vous exposer tout de nouveau à la fatigue des voyages de terre et de mer? Ne dirait-on pas que tout le monde va sortir de Lébède, et qu’il conseille à celui-ci de n’y pas demeurer seul et abandonné?» (Andry-de-Boisregard, Réflexions sur l’usage prés. de la Langue française.)
RÉSULTER.
«Résulter ne se dit qu’à l’infinitif et à la troisième personne des autres temps. L’Académie dit qu’il se conjugue avec le verbe avoir, et avec le verbe être. Qu’a-t-il résulté de là? qu’en est-il résulté? Mais elle ne dit pas dans quel cas l’on doit préférer l’un à l’autre.—Je pense qu’il faut employer l’auxiliaire avoir, quand il est question d’un résultat qui s’opère, qui commence, et dont on veut marquer le commencement: Vous avez été témoin de leurs différends, de leurs querelles, et vous avez vu ce qui en a résulté. Mais s’il s’agit d’un résultat déjà existant, et dont on ne veut exprimer que l’existence, il faut préférer l’auxiliaire être. Rappelez-vous nos querelles, nos dissensions, et voyez ce qui en est résulté.» (Laveaux, Dict. des diff.)
RETOURNER.
| Locut. vic. | Retournez-moi la caisse que je vous ai expédiée. |
| Locut. corr. | Renvoyez-moi la caisse que je vous ai expédiée. |
Retourner, employé activement et en parlant des choses, ne signifie que tourner dans un autre sens, mettre le dessus dessous. Avec la signification de renvoyer, c’est un barbarisme, beaucoup trop commun malheureusement, en style d’affaires.