Chapel, chapelet, chapiaus de flors, chapeau, couronne de fleurs.

C'était une guirlande ou couronne qu'on mettoit sur la tête. On en couronnoit quelquefois le vainqueur, comme firent les dames, à Naples, au roi Charles VIII, lorsqu'elles lui mirent une couronne de violettes, et le baisèrent ensuite comme le champion de leur honneur. Les couronnes s'introduisirent dans les festins avec la mollesse et la volupté. On en mettoit aux bouteilles et aux verres. Les convives en prenoient à la fin du repas, et c'étoit le symbole de la débauche.

A mesure que le luxe s'accrut, on raffina sur la matière des couronnes; elles étoient dans les commencements de feuilles d'arbres; on les fit de roses dans la suite, puis de fine laine, et enfin d'argent et d'or. Les grands seigneurs en France, et les chevaliers qui avoient quelque réputation, portoient des chapelets de perles sur la tête. Voilà l'origine des couronnes dont on timbre aujourd'hui les armoiries, prérogative interdite aux roturiers par les ordonnances.

C'est de la figure de ces chapelets de perles que nos rosaires et nos chapelets ont pris leur nom, parce qu'ils ressemblent à une guirlande, suivant la remarque de Borel.

On lit dans le Roman de Lancelot: «Qu'il ne fut [p.291] jour que Lancelot, ou hiver ou été, n'eût au matin un chapeau de fresches roses sur la tête, fors seulement au vendredi et aux vigiles des haultes fêtes, et tant que le karême duroit.» Peu de personnes s'aviseroient aujourd'hui de chercher le mérite de la mortification dans une pareille abstinence.

L'auteur, un peu plus loin, parlant de Déduit, dit que:

Li ot s'amie fet chapel
De Roses qui moult li sist bel.

(Lantin de Damery.)

NOTE 18, pages [60]-[61].

Vers 942-936. More. Ici deux versions se présentent: more veut dire mûre, fruit noir, et more, nègre.