Nous aurions préféré abandonner ce mot, que le lecteur pourra prendre dans ce sens ou dans celui d'ente. Ce dernier est très-admissible au vers 965: [p.293] Les plumes de son enture, ces plumes étant fixées dans une fente. Au vers 1783, enture signifie le fût tout entier, soit en acceptant l'interprétation ci-dessus, soit en prenant la partie pour le tout. Que le lecteur n'oublie pas les immenses et surtout innombrables difficultés que nous avons eues à surmonter pour terminer une oeuvre si longue qu'elle en était parfois désespérante.

NOTE 20, pages [62]-[63].

Vers 975-966.

Mès qui de près en vosist traire.
Si de près on le voulait traire.

Traire. Nous avons conservé ce mot pour tirer, lancer.

C'est un de ces mots que nous n'avons pas cru devoir sacrifier ici pour deux raisons: la première, c'est qu'il a permis de reproduire à peu près absolument le vers de Guillaume de Lorris; la seconde, c'est qu'il est facile à comprendre sans être d'un archaïsme exagéré. Le mot trait en indique suffisamment, du reste, la signification. Traire signifie tirer, lancer. On dit encore tirer de l'arc, du pistolet, etc.

Traire était encore usité au XVIIe siècle. On le trouve dans Molière: «Mon Dieu, je sais l'art de traire les hommes.» M. Littré lui donne en cette circonstance le sens de tirer, obtenir de quelqu'un. Au XVIe siècle, il était d'un usage continuel: «Ils s'encoururent, dit Amyot, çà et là, les épées traictes au poing, ravir et enlever les filles des Sabins.» Il nous reste encore les composés: soustraire, retraire, extraire, etc.

NOTE 21, pages [64]-[65]. [p.294]

Vers 996-993. Novel-Penser, inconstance, infidélité, nouvelles amours.

NOTE 22, pages [66]-[67].