Dans l'original le mot aire veut dire air, manière.

Comme le mot aire moderne signifie toute surface plane: l'aire d'une maison, d'un plancher, d'un pont, et qu'il pouvait parfaitement s'employer ici pour désigner le sol, nous avons été heureux de pouvoir le conserver.

NOTE 36, pages [102].

Vers 1586. Paroît veut dire dans l'original paraissait.

NOTE 37, pages [113]. [p.300]

Vers 1741.

Ci dit l'aucteur coment Amours
Trait à l'Amant, qui pour les flours
S'estoit el vergier embatu,
Four le bouton qu'il a sentu;
Qu'il en cuida tant aprochier,
Qu'il le péust à lui sachier;
Mès ne s'osoit traire en avant,
Car Amours l'aloit espiant.

M. Francisque Michel traduit trait à l'Amant par vient à l'Amant. Si nous acceptions cette version, il en résulterait que l'Amant aurait aperçu le Dieu d'Amours qui le poursuivait, et alors la rage de décrire l'emportant sur le danger, l'Amant serait ridicule, et sa situation perdrait tout intérêt. Mais notre opinion émise dans la note des vers 1364-1363 subsiste tout entière; nous la maintenons, et nous sommes très-étonné que M. Francisque Michel soit tombé dans une si grosse erreur. Il est vrai que quelques lignes plus bas: «L'Amant qui ne s'osoit traire en avant,» c'est-à-dire se traîner en avant (une fois blessé), semblait justifier cette interprétation. Mais s'il avait lu ce passage avec attention, il eût certainement corrigé cette faute. En effet, au vers 1761, il traduit trait à moi par tire sur moi ou contre moi sa flèche. Ce vers ne peut du reste se comprendre autrement, et tel est le sens exact du mot dans ces deux circonstances, d'où il résulte que l'Amant ne s'aperçut de la présence du Dieu d'Amours qu'en sentant ses atteintes.

On voit par cette note combien il faut être circonspect [p.301] dans une traduction, et qu'une erreur de cette nature, au début surtout, peut jeter une défaveur sur l'oeuvre entière; or, comme les interprétateurs qui veulent trop précipiter leur travail se laissent généralement prendre à leur première impression, il en résulte des opinions exagérées et fausses, d'autant plus pernicieuses que celui qui les émet a plus d'autorité.

NOTE 38, pages [114]-[115].