Et si elles n'ont pas de cheveux, il veut qu'elles aient des tours ou des perruques. Cet usage, qui s'est renouvelé de nos jours, est fort ancien, puisque Ovide, écrivant à sa maîtresse, lui faisoit des complimens sur la victoire que les Romains avoient remportée sur les Allemands, parce qu'il lui seroit facile d'avoir des cheveux pour réparer la chute des siens:

Nunc tibi captivos mittet Germania crines,
Culta triumphatæ munere gentis eris.
(Amor, lib. I, élég. 14.)

C'étoit un des avantages de la victoire, de faire tondre le vaincu. On ne pouvoit faire un plus grand affront à un homme libre que de lui couper les [p.453]cheveux: cela étoit même défendu sous de grosses peines.

Si quis puerum crinitum sine voluntate parentum totonderit, quadraginta quinque solidis culpabilis judicetur; si vero puellam totonderit LXII solidis culpabilis judicetur. (Tit. 26, Legis salicæ, art. 2 et 3.) Et au titre 65, art. 10 et 20 de la loi des Allemands: Si quis alicui contra legem tonderit caput liberum non volenti cum XII solidis componat; si autem barbam alicujus tonderit nolentis cum VI solidis componat.

Menot nous apprend que les infidèles qui coupèrent les cheveux à saint Pierre le firent dans le dessein de le couvrir de confusion. Voici ses termes: Heu, Domini mei, dicitur quod corona sacerdotum primo introducta fuit in Antiochiâ, ubi infideles fecerunt tonsuram beato Petro qui residebat ibi, et licet facta fuerit in contumeliam; est nunc tamen in honorem. (Feriâ tertiâ, post secundum dominicum Quadragesimalem.) (Lantin de Damerey.)

Note 76, pages [250]-[251].

Vers 14184-14332.

Ad multas lupa tendit oves, prædetur ut unam,
Et Jovis ad mulias devolat ales oves.
Semper tibi pendeat hamus.
(De Arte amandi, lib. III.)

Note 77, pages [252]-[253].

Vers 14217-14365.