Vers 11106-11203. Dans quelques manuscrits on lit Flamans, dans d'autres Picards, etc. (MÉON.) Voir la note 75 du tome I.

Note 14, page [56]. [p.415]

Vers 11212. Touse, tousée, adj., tondu, tondue, de tonsus. Borel l'explique par une amie, une fille qui aime, amasia; il en fait un substantif féminin, et de tousiaus, jeune homme, un substantif masculin. Jeune touse est le nom que l'Amour donne ici à Vénus, sa mère.

Quelque bien établie que fût la naissance de Cupidon, il a plu cependant, comme on peut le voir aux vers ci-dessous, à un grand philosophe de détruire une généalogie aussi bien établie.

Voici ce que Platon en dit, in Symposio: «Jupiter, voulant célébrer la naissance de Vénus, donna un grand repas à tous les dieux. Porus, fils de Métis, s'y trouva; il but plus qu'il n'auroit dû le faire dans une si honorable compagnie. Les fumées du nectar lui ayant monté à la tête, il entra dans les jardins de Jupiter pour dormir plus à son aise. Pénie, la déesse de la pauvreté, qui étoit venue à cette fête dans le dessein d'attirer la compassion des dieux, s'aperçut de l'état où étoit Porus; elle le suivit, et, sans plus de cérémonie, elle se coucha auprès de lui; elle devint grosse, et dans le temps elle accoucha de Cupidon.» (Lantin de Damerey.)

Je n'ai trouvé les vers suivants que dans quelques manuscrits du XVe siècle:

Dont trestous les enfans manja,
Fors Jupiter, qui s'estranja
De son regne, et tant le bati,
Que jusqu'en enfer l'abati,
Li copa ce que vous savez,
Car mainte fois oï l'avez:
[p.416] Et mes peres puis monta seur
Venus, tout fust-ele sa seur,
Et firent lor joliveté:
De là vint ma nativité,
Dont ge n'ai honte ne esclandre,
Qui bien set mon lignage entendre,
Onques de mieudre ne fu nus,
Par mes trois oncles, Neptunus,
Jupiter, Pluto, par m'antain
Juno la vielle, que tant ain,
Que ge vodroie qu'el fust arse.
Bien l'aim tant que Phebus fist Marse[*],
Que Midas as oreilles d'asne,
Par jugement d'homme et prophane,
Chier compera sa fole verve:
Mal vit la buisine Minerve
Qu'el geta dedans la palu,
De buisiner ne li chalu,
Por ce que li Diex se rioient
De ses joës qui li enfloient,
Quant el buisinoit à lor table.
Le Satyriau tieng à coupable

[*]Marse, c'est le Marsyas de la fable. Ce Phrygien, qui jouoit passablement de la flûte, fut assez téméraire pour se croire plus habile en ce genre qu'Apollon: ce dieu le força de lui céder le prix, et, pour le punir de sa folle vanité, il l'attacha à un arbre où il l'écorcha. On versa tant de larmes à la mort de ce malheureux, qu'il s'en forma un fleuve qui porta son nom, et qui augmenta le nombre de ceux qui arrosent la Phrygie. (Ovide, Métam., lib. VI.)

Ce n'est point du différend de Marsyas et d'Apollon que Midas fut juge. Ovide, au livre II des Métamorphoses, nous apprend que la dispute étoit entre Apollon et Pan, qui prétendoit que la lyre du premier étoit inférieure à sa flûte.

Tmole décida pour le dieu qui préside au Parnasse. Midas trouvant ce jugement injuste, se décida pour le dieu des pasteurs. Apollon, piqué du mauvais goût de ce prince, ne put souffrir que des oreilles si stupides conservassent une forme humaine; il les fit allonger, les couvrît d'un poil grison, et leur donna la vertu de se remuer d'elles-mêmes. (Lantin de Damerey.)