[p.419]Quoique les femmes publiques payassent une redevance à l'Estat, saint Louis ordonna que les ribaudes communes fussent boutées hors des bonnes villes par les justiciers des lieux, et en 1560 tous les lieux publics qui avoient été tolérez furent abolis.
M. Le Duchat, au mot Ribaulx, dans ses notes sur Rabelais, livre II, chap. 27, dit «que c'estoient de jeunes gens robustes, qui gaignoient leur vie à charger et à décharger les marchandises que l'on débarquoit à la Grève.»
Suivant du Tillet, «le grand prevôt de l'hôtel étoit nommé Roy des Ribauds et Prevôt des Ribauds: sa juridiction s'étendoit sur les jeux de dez et de brelands, et sur les bordeaux qui étoient en l'ost du Roy, et prétendoit qu'il lui étoit dû cinq sols de chaque femme publique.» On voit, par ce passage, qu'on mettoit peu de différence alors entre les femmes publiques et ceux qui donnoient à jouer aux jeux de hasard dans ces maisons, représentées aujourd'hui par celles que l'on nomme à Paris Académies, puisque du Tillet les range dans la même classe.
Les édits des préteurs, qui contiennent toute la police des Romains avant Auguste, nous apprennent «que ceux qui tenoient dans leurs maisons des jeux de hazard pour en tirer du profit étoient si odieux, que s'il arrivoit qu'ils eussent été maltraitez ou volez, ou receu quelque dommage dans le tems du jeu, ils n'avoient aucune action en justice pour demander réparation.» (La Mare, Traité de la police, livre III, titre 4, chap. iv.)
Fauchet, Origine des Dignités, dit que «le Roy des Ribauds étoit un officier qui avoit charge de mettre hors de la maison du Roy ceux qui n'y devoient ni [p.420]manger ni coucher, et qui, pour cela, devoit faire sa ronde tous les soirs dans tous les recoins de l'hôtel.»
Le même Fauchet dit encore «qu'un droit du Roy des Ribauds ou prévôt de l'hôtel étoit que les filles de joye qui suivoient la cour étoient tenues en may venir faire le lit du prévôt, et que pour leur hardiesse impudente et impudique étoient nommées Ribaudes.»
Extrait de l'ordonnance de l'hôtel du roi Philippe, l'an 1290, la semaine avant la Chandeleur:
«Le Roy des Ribaus, vj deniers de gages, une provende de xl s. pour robbe pour tout l'an et mengera à court et n'aura point de livraison.» (Lantin de Damerey.)
Vers 11408-11510. Si nous en jugeons par les vers suivants, les six vers qui précèdent et qui sont compris entre crochets furent évidemment rajoutés après coup. Religieux veut dire ici moine, homme de religion, comme religieuse nonne.