Ne forgier en la droite forge,20361
Pendus soit-il parmi la gorge!
Quant tex rieules controva,
Vers Nature mal se prova.
Cil qui tel mestresse despisent,
Quant à rebors ses letres lisent,
Et qui por le droit sans entendre,
Par le bon chief nes vuelent prendre,
Ains parvertissent l'escriture
Quant il viennent à la lecture,
Ont tous l'escommeniement
Qui tous les met à dampnement,
Puis que là se vuelent aerdre;
Ains qu'il muirent, puissent-il perdre
Et l'aumosniere et les estales
Dont il ont signes d'estre mâles!
Perte lor viengne des pendans
A quoi l'aumoniere est pendans!
Les martiaus dedans atachiés
Puissent-il avoir errachiés!
Li grefes lor soient tolu,
Quant escrivre n'en ont volu
Dedens les précieuses tables
Qui lor estoient convenables!
Et des charruës et des sos,
S'il n'en arent à droit, les os
Puissent-il avoir depeciés,
Sans jamès estre redreciés!
Tuit cil qui ceus voldront ensivre,
A grant honte puissent-il vivre!
Li lor pechiés ors et orribles
Lor soit dolereus et penibles,
Qui par tous leus fuster les face,
Si que l'en les voie en la face!

Ni forger en la droite forge,20629
Ceux-là soient pendus par la gorge!
Qui telles règles controuva
Vers Nature vil se prouva!
Oui, que tous ceux qui la méprisent,
Quand à rebours ses lettres lisent,
Et pour entendre vérité
Les prennent du mauvais côté,
Et pervertissent l'écriture
Quand en viennent à la lecture,
Qu'ils aillent à damnation
Par l'excommunication,
Puisqu'en telle œuvre ils se fourvoient!
Avant mourir, que pourrir voient
L'aumônière et l'outil sacré
Signes de leur virilité,
Que les pendants à perte viennent
Qui leur aumônière soutiennent,
Et qu'enfin leur soient arrachés
Les marteaux dedans attachés!
Que le poinçon on leur déchire,
Dont ils ne veulent pas écrire
Dessus les tableaux précieux
Qui pourtant leur convenaient mieux!
Et que des socs et des charrues,
S'ils en font œuvres défendues,
Les os soient à fond dépecés
Sans jamais être redressés!
Et tous ceux qui les voudront suivre
A grand' honte puissent-ils vivre!
Que leur vice sale et hideux
Leur soit pénible et douloureux;
Qu'il soit écrit dessus leur face,
Et partout fustiger les fasse!

Por Dieu, Seignor, vous qui vivés,20395
Gardés que tex gens n'ensivés;
Soiés es euvres natureus
Plus vistes que uns escureus,
Et plus legiers et plus movans
Que ne puet estre oisel ne vans.
Ne perdés pas cest bon pardon,
Trestous vos peschiés vous pardon,
Por tant que bien i travailliés.
Remués-vous, tripés, sailliés,
Ne vous lessiés pas refroidir,
Ne trop vos membres enroidir;
Metés tous vos ostiz en euvre;
Assés s'eschaufe qui bien euvre.

Arés, por Diex, barons, arés...
Secorciés-vous bien par devant...
Levés à deux mains toutes nues
Les mancherons de vos charrues...
Et du soc bouter vous penez
Roidemont en la droite voie...
(Page 238, vers 20413.)

CIII
Ce fort excommuniement
Met Genius sur toute gent
Qui ne se veullent remuer
Pour l'espèce continuer.
Arés por Diex, barons, arés,
Et vos lignages réparés:
Se ne pensés forment d'arer,
N'est riens qui les puist réparer.
Secorciés-vous bien par devant[62]
Aussinc cum por cuillir le vent;
Ou, s'il vous plaist, tout nu soiés.
Mès trop froit, ne trop chaut n'aiés:
Levés à deux mains toutes nuës
Les mancherons de vos charruës;
Forment as bras les sostenés,
Et du soc bouter vous penés