—Que dites-vous, reprit la favorite, de rivaux et de chiens? Je n'entends rien à cela. Je sais qu'Haria aime éperdument les gredins; mais aussi je connais Sindor pour un homme vif, qui peut-être n'aura pas eu toutes les complaisances qu'exigent d'ordinaire les femmes à qui l'on doit sa fortune. Du reste, quelle qu'ait été sa conduite, je ne conçois pas qu'elle ait pu lui attirer des rivaux. Haria est si vénérable, que je voudrais bien que Votre Hautesse daignât s'expliquer plus intelligiblement.

—Écoutez, lui répondit Mangogul, et convenez que les femmes ont des goûts bizarres à l'excès, pour ne rien dire de pis.»

Il lui fit tout de suite l'histoire d'Haria, mot pour mot, comme le bijou l'avait racontée. Mirzoza ne put s'empêcher de rire du combat de la première nuit. Cependant reprenant un air sérieux:

«Je ne sais, dit-elle à Mangogul, quelle indignation s'empare de moi. Je vais prendre en aversion ces animaux et toutes celles qui en auront, et déclarer à mes femmes que je chasserai la première qui sera soupçonnée de nourrir un gredin.

—Eh pourquoi, lui répondit le sultan, étendre ainsi les haines? Vous voilà bien, vous autres femmes, toujours dans les extrêmes! Ces animaux sont bons pour la chasse, sont nécessaires dans les campagnes, et ont je ne sais combien d'autres usages, sans compter celui qu'en fait Haria.

—En vérité, dit Mirzoza, je commence à croire que Votre Hautesse aura peine à trouver une femme sage.

—Je vous l'avais bien dit, répondit Mangogul; mais ne précipitons rien: vous pourriez un jour me reprocher de tenir de votre impatience un aveu que je prétends devoir uniquement aux essais de ma bague. J'en médite qui vous étonneront. Tous les secrets ne sont pas dévoilés, et je compte arracher des choses plus importantes aux bijoux qui me restent à consulter.»

Mirzoza craignait toujours pour le sien. Le discours de Mangogul la jeta dans un trouble qu'elle ne fut pas la maîtresse de lui dérober: mais le sultan qui s'était lié par un serment, et qui avait de la religion dans le fond de l'âme, la rassura de son mieux, lui donna quelques baisers fort tendres, et se rendit à son conseil, où des affaires de conséquence l'appelaient.


CHAPITRE XXVII.