[72] La riviere des pacaiares et de là en la riviere de Parisop. p. 27.
Casal, le Dictionnaire du haut Amazone, et Accioli se taisent également, sur ces fleuves, qui reçurent une armée de deux mille hommes ! Martius signale une nation des Pacajaz ou Pacaya dans le Pará. (Voy. Glossaria linguarum p. 519.)
[73] Et les mena au lieu des ennemis, lesquels demeuroient dans les Iouras. p. 28.
Cette courte description d’habitations aériennes construites sur des mangliers, et sur des troncs de palmiers murichy, rappelle un fait des plus curieux, qu’on a jadis rangé parmi les fables et qui figure dans la Relation de Walther Ralegh. Il est bien certain qu’on a pu mettre quelque exagération dans les premiers récits, mais que le fait en lui-même est de la plus grande authenticité. Il a lieu encore aux bouches de l’Orénoque. Les Waraons visités il y a près d’un siècle par le docteur Leblond, les Guaraunos que décrit le savant Codazzi, sont un seul et même peuple, que son étrange manière de vivre a sauvé d’une entière destruction. Les Camarapins, dont nous venons de constater la disparition furent moins heureux. On peut consulter sur les Indiens des Iouras l’extrait que nous avons donné jadis des manuscrits dans lesquels le médecin français a constaté son séjour chez les Waraons. (Voy. la Guyane, 1828, in-18.) Codazzi dont on connaît les beaux travaux géographiques, citait encore en 1841, les Guaraunos, comme n’ayant pas complétement abandonné leurs maisons aériennes. Il y a vingt ans tout au plus, ils venaient trafiquer avec les habitans de la Trinidad. (Voy. Resúmen de la Geografía de Venezuela. Paris, 1841, in-8.) Agostino Codazzi est mort dernièrement. Quant aux mss. de Leblond, que nous avons eus à notre disposition jadis, ils faisaient partie de la collection de voyages possédée en 1824 par l’éditeur Nepveu.
[74] Et premierement d’un plaisant et rusé sauvage appelé Capiton. p. 30.
Ce personnage portait une dénomination toute portugaise, et il était dévoué à la nation dont il servait les intérêts. Le titre de Capitão a été promptement accepté du reste, par les chefs de la race indienne.
[75] J’ay faict mourir le pere qui est mort et enterré à Yuiret, où demeure le pay ouassou le grand pere auquel j’ay envoyé tous les maux qu’il a. p. 31.
Ce sauvage fanfaron, se vantait d’avoir fait mourir le P. Ambroise résidant à Yuiret, qu’il faut prononcer Ieuiree, selon Claude d’Abbeville, qui indique en même temps l’étrange signification de ce nom. Le pay ouassou, le grand père, est Yves d’Evreux. Nous ferons observer à ce sujet que le mot Pay signifie père en Portugais. Pay guaçu de l’avis même de Ruiz de Montoya signifie évêque, prélat en Guarani. Le nom de Pay fut d’autant plus promptement adopté par les Indiens qu’il avait une plus grande analogie avec celui qui désigne les gens graves ; les sorciers hechizeros, pour nous servir de la propre expression du lexicographe espagnol. Dans la lingoa geral, modification du Guarani, Pay signifie père, moine, et seigneur. Pay Abaré Guaçu était la désignation des Prélats et des Jésuites. Les Indiens nomment encore le pape Pay’ abaré oçú eté.
[76] Ah que j’ay de peur grandement ô que les Topinambos sont méchants. p. 32.
Nous ne saurions dire pourquoi le missionnaire modifie l’orthographe d’un nom de peuple, qu’il a si souvent présentée d’une autre façon. Claude d’Abbeville écrit Topynambas ; l’auteur de la somptueuse entrée Toupinabaulx, Hans Staden Topinembas, et enfin Jean de Lery les appelle Tououpinambaoults. Malherbe adoucit le mot en écrivant Topinambous. Ce fut cette dernière orthographe qui prévalut au temps de Louis XIV. Nous sommes revenus à celle adoptée par les Brésiliens.