Notre auteur veut parler de l’Aranha caranguejeira (Aranea avicularia), mais ici son sentiment d’observation est en défaut. Il exagère singulièrement les dimensions de cet insecte vraiment hideux qu’on peut voir d’ailleurs dans toutes les collections d’entomologie : il n’est pas exact de dire qu’elles ne filent point de toile, la piqûre n’en est point mortifère, mais elle est vénéneuse. On la désigne dans la langue Tupi sous le nom de Nhandu-Guaçu ou de Jandú.
[128] Maragnan abonde comme ce croy sur toutes les terres du monde en cigales. p. 183 et 184.
Ce que nous dit ici le bon religieux des bruits de la cigale dénote un sentiment d’observation en histoire naturelle bien rare pour l’époque où il écrivait, mais il importe de ne pas confondre ici la Cigarra brésilienne avec l’insecte que nous désignons sous ce nom.
[129] Le grillon appelé par les sauvages coujou. p. 187.
Le nom en Tupi s’écrit Okijú. (Voy. Martius, Glossaria ling. bras. p. 465.)
[130] Et pour ce qu’elles ont à converser parmy les tenebres, la Providence de Dieu les a pourvues d’un flambeau. p. 191.
Yves d’Evreux se montre ici, il faut en convenir bien inférieur à son contemporain le P. du Tertre. Tout ce qu’il dit néanmoins sur la lumière des lampyres est fort exact. L’entomologie était trop peu avancée alors, pour qu’il établît une classification parmi ces insectes. Nous sommes à même de réparer cette lacune. On connaît maintenant au Brésil huit espèces de lampyres : Lampyris crassicornis, lampyris signaticollis, lampyris concoloripennis, lampyris fulvipes, lampyris diaphana, lampyris hespera, lampyris nigra, lampyris maculata. On peut joindre à ces charmants insectes la lucidote thoracique (lucidota thoracica).
[131] Et cela m’estoit de tant plus aisé à faire que ces mouches ne vous piquent pas. p. 192.
Ceci est parfaitement exact, et les abeilles du Brésil sont privées d’aiguillon, voici ce que dit à ce sujet un exact et savant observateur. Après avoir affirmé comme le P. Yves, que les abeilles ne piquaient point, Auguste de St. Hilaire continue ainsi : « Une espèce qu’on nomme Tataira, laisse, à ce qu’on assure, échapper par l’anus, une liqueur brûlante et c’est ordinairement la nuit qu’on lui enlève son miel. Les espèces appelées Uruçu boi, Sanharó, Burá, bravo, chupé, arapua et Tubi, se défendent quand on les attaque, mais il paraît qu’elles n’ont pas plus d’aiguillon que les autres et qu’elles se contentent de mordre. » Le miel des diverses espèces est en effet très liquide. La cire que produisent tous les essaims est d’une teinte brunâtre fort intense, et l’on n’est pas encore parvenu à lui donner la blancheur de celle de l’Europe. Spix et Martius fournissent du reste de précieux renseignements sur ces utiles insectes, ils complétent ceux de notre grand botaniste. (Voy. Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas-Geraes. T. 2, p. 371 et suiv.)
[132] Les Guenons sont de diverse espece en Maragnan et en ses environs. p. 199.