[142] Haches, hansas. p. 216.

Ce mot ne se trouve pas dans le dictionnaire de Nicot, sieur de Villemain. Nous croyons pouvoir affirmer qu’il faut écrire hansars ; on doit entendre par ce terme une serpe de grande dimension. (Voy. à la p. 224.)

[143] Jurer et renasquer. p. 217.

Faire certain bruit en retirant impétueusement son haleine par le nez. Il est populaire et le Dictionnaire de l’Académie le confond avec le mot renâcler qui se dit plus communément dans le style très familier.

[144] Le François ayant choisi un compere, il le suit et s’en va en son village. p. 220.

Ces réceptions des Indiens sont admirablement peintes par Cardim. Les Brésiliens ne peuvent opposer, en effet, pour la grâce du récit et le charme des détails, qu’un seul voyageur portugais à Yves d’Evreux et à Claude d’Abbeville ; c’est celui que nous venons de nommer. Cet écrivain charmant, mais dont les récits sont trop courts, appartient à l’ordre des Jésuites. Il se rendit au Brésil dès 1583 et y resta revêtu des dignités de l’ordre au moins jusqu’à la fin de 1618. Il eut par conséquent une entière connaissance de l’établissement des Français au nord du Brésil et certainement il apprit à Bahia leur expulsion, il se tait malheureusement sur cette dernière circonstance. Fernand Cardim est placé dans une position bien différente de celle où se trouvait le P. Yves d’Evreux. Partout où il se présente le long de la côte, les Indiens sont soumis au christianisme et ont perdu leur grandeur primitive, en conservant la plupart de leurs usages. Le missionnaire français catéchise au contraire des indigènes, qui combattent pour leur indépendance et qui fuient leurs conquérants. Les deux bons missionnaires ont néanmoins la même indulgence et parfois la même admiration naïve pour les peuples enfants, qu’ils prêchent et dont l’imprévoyance est le plus grand comme le plus terrible défaut.

Les lettres de F. Cardim sont une heureuse découverte due à l’infatigable auteur de l’Historia geral do Brazil. M. Adolfo de Varnhagen n’a pas mis son nom à cette publication précieuse. Nous lui restituons ici l’honneur qui lui revient comme homme de science et comme homme de goût. L’Opuscule du à Fernão Cardim est intitulé : Narrativa epistolar de uma viagem e missão Jesuitica pela Bahia, Ilheos, etc. etc., Lisboa, 1847, in-18. de 123 pages. Ce que paraît avoir ignoré le savant éditeur, c’est qu’on trouve d’intéressants renseignements sur Cardim et sur les missionnaires contemporains du Brésil dans un écrivain Toulousain nommé du Jarric. Voy. la 2me partie des choses plus mémorables advenues tant aux Indes orientales que autres pays de la découverte des Portugais en l’establissement de la foi chrestienne et catholique, etc. Bordeaux, 1610, in-4. Le volume est dédié à Louis XIII. Dans ce livre ce qui a rapport au Brésil et particulièrement aux régions voisines du Maragnan, est contenu entre la p. 248 et la p. 359. Pierre du Jarric mourut en 1609. Son ouvrage fut traduit en latin et imprimé à Cologne en 1615. Cette version, qui contient certaines additions, forme 4 vol. in-8.

[145] Il lui tend la main et lui dit Ereiup Chetouas sap. Es-tu venu mon compere ? p. 220.

Il est à peu près certain que notre bon missionnaire n’avait lu, ni la relation d’André Thevet publiée dès l’année 1558, ni le voyage plus récent de Jean de Lery dont les opinions religieuses devaient naturellement l’éloigner. En comparant ces vieux voyageurs entre eux, on est frappé de la similitude qu’offre leur récit. Voici ce que dit Jean de Lery, à propos de la réception que lui firent les Tupinambas de Rio de Janeiro :

« Pour donc que déclarer les cérémonies que les Tououpinambaoults observent à la réception de leurs amis qui les vont visiter ; il faut en premier lieu sitost que le voyager est arrivé en la maison du Moussacat, c’est-à-dire bon père de famille, qui donne à manger aux passans qu’il aura choisi pour son hoste, (ce qu’il faut faire en chascun village où l’on fréquente et sur peine de le facher quand on y arrive n’aller pas premièrement ailleurs) que s’asseant dans un lict de coton pendu en l’air, il y demeure quelque peu de temps sans dire mot. Après cela les femmes venans, les fesses contre terre et tenans leurs deux mains sur leurs yeux, en plorans de ceste façon la bien venüe de celuy dont sera question elles diront mille choses à sa louange.