Un Caramémo est ce qu’on appelle un Pagará à la Guyane, c’est-à-dire un panier léger, fait avec des feuilles de palmiste et affectant parfois la forme la plus élégante. Claude d’Abbeville désigne aussi en le décrivant ce gracieux ustensile d’un ménage indien. Barrère en a fait dessiner de jolis specimen.
[151] La suavité du chant d’une jeune pacelle. p. 257.
Il faut lire pucelle. Yves d’Evreux, familiarisé avec tous les symboles, qui avaient cours de son temps n’avait garde d’oublier une gracieuse allégorie dans laquelle figure la licorne. Voy. notre Monde enchantée et surtout la dissertation intitulée : Revue de l’histoire de la Licorne par un naturaliste de Montpellier (P. J. Amoreu), Montpellier, Durville, 1818, in-8 de 47 pages.
[152] Nous n’aurons fait que courir et errer par les bois devant la face des peros. p. 270.
On sait que les Tupinambas nommaient toujours ainsi les Portugais. Pero veut dire chien, dans la langue de Camoens, mais on suppose que l’appellation Pedro, fort usitée au Brésil, était cause de cette désignation bizarre. Ayrès de Cazal contient même à ce sujet une petite histoire, il raconte en rappelant la tradition, comment un serrurier nommé Pedro, avait été jeté par un naufrage sur les rivages du Maranham. Grâce à son habileté dans l’art de travailler le fer cet homme se rendit bientôt agréable aux Indiens et son nom modifié légèrement servit à désigner les étrangers qu’on supposait appartenir à la même race que lui. Le docteur Moraes e Mello a donné cette légende d’une façon beaucoup plus complète dans sa Corographia.
[153] Doctrine chrestienne en la langue des Topinambos. p. 272.
On n’a pas tenté d’éclaircir par une discussion grammaticale, cette portion du livre. Des différences trop sensibles apportées par le temps et surtout par la prononciation, rendaient cette tâche pour ainsi dire impossible. Rien n’est plus difficile que de rendre par les caractères dont se compose notre écriture les sons des langues indiennes. Ces inflexions si délicates et parfois si fugitives dans leur rudesse apparente sont malaisément fixées sur le papier. Comme l’a fait remarquer Humboldt, elles tiennent parfois à certains caractères physiques des races. Les nations européennes elles-mêmes les plus exercées ne perçoivent pas de la même manière les sons, et surtout n’essayent pas de les écrire de la même façon ; où le Portugais entend Oca, par exemple, ou bien Toba, le Français entend Oc et Tobe, où le premier sent son oreille frappée par le mot Murubixaba, le second perçoit Mourouvichave. La différence cesse d’être aussi sensible, lorsque les mots sont prononcés selon le génie de chaque langue. Le mot Topinambos comme il est écrit au début de cette note, équivaut absolument par le son en langue Portugaise au mot Toupinambous comme le prononçaient les contemporains de Malherbe. Pour l’histoire de la linguistique cette courte doctrine chrétienne n’est toutefois pas sans intérêt. On pourra la comparer avec certains ouvrages du même genre écrits par une plume portugaise. Les chants religieux en Tupi, de Christovam Valente, entre autres, sont dans ce cas. Je les ai introduits dans l’opuscule intitulé : Une fête brésilienne, Paris, Techener, 1850. Le livre qui les contient est devenu pour ainsi dire introuvable et seule peut-être la bibliothèque impériale le possède. Nous reproduisons ici son titre : Catecismo brasilico da doutrina christão, com o ceremonial dos sacramentos e mais actos parochiaes. Composto por padres doutos da companhia de Jesus, aperfeiçoado e dado à luz pelo padre Antonio de Araujo da mesma companhia, emendado nesta segunda impressão pelo padre Bertholameu de Leam da mesma companhia. Lisboa, na officina de Miguel Deslandes, 1681, petit in-8. La 1re édition est de 1618.
Si on voulait, on pourrait compléter cette étude comparative en recherchant les manuscrits suivants que cite Barbosa Machado et qu’il serait si curieux de voir publier ; Ludewig les a omis dans son savant travail complété par Mr. Trubener. P. João de Jesus explicação dos mysterios da fé. P. Manoel da Veiga Catecismo. F. Pedro de Santa Rosa Confessonario. André Thevet, dans ses manuscrits conservés à la bibliothèque impériale de Paris, donne le pater et le credo en tupi. Il les reproduit même dans sa grande cosmographie. Ces deux documents sont surtout précieux par leur ancienneté : ils datent de 1556. Parmi les livres de ce genre l’un des plus modernes et des plus curieux est celui du P. Marcos Antonio, il est intitulé : Doutrina e perguntas, dos mysterios principaes de Nossa Santa fé na lingua Brasila. Il a été composé vers 1750, et Ludewig le mentionne comme faisant partie des collections du British Museum.
[154] Il y a aussi de certains oiseaux nocturnes, qui n’ont point de chant, mais une plainte moleste et facheuse à ouyr, fuyards et ne sortent des bois appelez par les indiens Ouyra Giropary, les oyseaux du Diable. p. 281.
Lery avait déjà constaté l’effet du chant mélancolique, que fait entendre le Macauhan sur l’esprit des Indiens. La croyance aux messagers des âmes, aux oiseaux prophétiques, n’est pas tout-à-fait éteinte, elle s’est conservée chez la puissante nation des Guaycourous, elle paraît avoir exercé jadis son influence sur toutes les tribus des Tupis, mais le P. Yves lui donne une extension qu’elle n’avait pas jadis, c’est déjà une altération visible dans les anciennes idées mythologiques. Le nom de ce volatile vénéré s’écrit en portugais Acaúan et même Macauân ; l’oiseau fait sa nourriture des reptiles. Il s’en faut de beaucoup qu’il ait l’aspect sinistre, que lui donne notre bon missionnaire. Il a une tête assez grosse relativement au corps, et elle est cendrée, il a le poitrail et le ventre rouges, ses ailes et sa queue sont noires tachetées de blanc. Aujourd’hui, la plupart des indigènes se bornent à croire que cet oiseau est chargé de leur annoncer l’arrivée d’un hôte. On peut consulter sur l’Acaúan, Accioli, Corografia Paraense, et Gonçalvez Dias, Diccionario da lingua Tupy. Martius au mot Oacaoam dit que c’est le Macagua de Felix d’Azara. Falco (herpethocheres).