[24] Les Yucatiques adoraient déjà la croix; Hernandez de Cordova et Grijalva en avaient trouvé dans plusieurs de leurs temples; il n’était donc pas bien difficile de leur en faire admettre une autre.
[25] Le texte espagnol est souvent difficile à entendre; il l’est ici particulièrement, le copiste de Landa ayant probablement passé quelques mots ou mal écrit les autres. Voici ce que Lizano écrit au sujet des premiers habitants du Yucatan. «Ils surent... que la race de ce pays-ci vint, partie du couchant, partie du levant. Ainsi dans leur ancienne langue ils appellent le levant d’une autre manière qu’aujourd’hui. Actuellement ils appellent l’Orient Likin, ce qui revient à dire que d’où se lève le soleil sur nous. Et le Couchant ils le nomment Chi-kin, ce qui est la même chose que chute ou fin du soleil, ou bien où il se cache par rapport à nous. Mais dans l’antiquité ils disaient de l’orient Cen-ial, petite descente, et du couchant Nohen-ial, la grande descente et le peu de gens, d’un côté, la grande multitude, de l’autre, quels qu’ils puissent être les uns et les autres. Je remets le lecteur qui voudrait en savoir davantage au Père Torquemada, dans son Histoire Indienne (Monarquia Indiana), et il verra là comment les Mexicains vinrent du Nouveau-Mexique, et de là par ici. Et comme l’île Espagnole (Haïti) fut peuplée de Carthaginois, que de ceux-ci se peupla Cuba, et cette terre, du côté de l’Orient, comme gens de tant de raison et de valeur, ils purent connaître l’art d’édifier de si somptueux monuments et de s’assujettir les autres nations; sinon que, comme la communication avec Carthage leur manqua avec le temps, ils seraient devenus avec le climat des gens rudes et barbares. (Lizana, Hist. de Nuestra Señora de Yzamal, Part. 1, cap. 3.)
[26] Comme on le voit, Chectemal (écrit ailleurs Chetemal) et Bakhalal sont donnés comme ne faisant qu’une province.
[27] Cette circonscription commençait au bord de la mer en face de Mugeres où était Ekab et terminait vers le centre de la péninsule.
[28] Mérida da Yucatan fut fondé sur les ruines de Tihoo ou T’hoo, capitale de l’antique province de Cehpech, prononcez Qehpech, le c maya étant dur dans tous les mots.
[29] Le pays ne produisait peut-être aucun métal; mais il est indubitable qu’il en tirait d’ailleurs: on sait, du reste, que les Mayas, ainsi que les autres populations civilisées du Mexique, travaillaient la pierre avec des instruments en cuivre et en bronze trempé et avec d’autres en pierre dure.
[30] Ces lignes sont répétées à peu près mot pour mot au § XLII.
[31] Landa, tout en donnant des notions fort précieuses sur le Yucatan, ne s’est guère préoccupé de l’histoire ancienne du pays. Ce que Lizana d’un côté, et Cogolludo de l’autre, ont recueilli, complète ce que dit Landa. Au rapport du second, le prêtre Zamná, venu des régions occidentales, aurait été le premier civilisateur de cette contrée. Nous en parlerons plus en détail dans un autre §. Quant aux édifices d’Izamal, des onze ou douze que compte notre auteur, il n’en restait déjà plus que cinq du temps de Lizana, environ soixante ans après; et de ces cinq, deux étaient consacrés à Zamnà, à qui l’un avait été érigé comme sépulture après sa mort. Ce sont ces édifices que les Espagnols nommèrent Cu et au pluriel cues ou cuyos, du mot maya ku, saint, sacré. A cause de leur forme massive et pyramidale, les indigènes les désignaient sous celui d’omul ou homul, qui donne l’idée d’une élévation artificielle ou d’une taupinière.
[32] Le monastère des franciscains d’Yzamal fut bâti sur l’omul appelé encore aujourd’hui par les indigènes Ppapp-hol-chac, c’est-à-dire la Maison des Têtes et des Eclairs, et l’église de San-Antonio sur l’omul de Hunpictok ainsi nommé du dieu de la guerre qui avait là son temple (Lizana, Hist. de N. S. de Yzamal, lib. 1, cap. 3.)
[33] Je trouve ailleurs ce nom de Tikoch écrit Ticoh et Tecoh, comme on le voit aujourd’hui.