[34] Ce fait que Herrera a tiré de Landa, se trouve ici isolément, sans qu’il soit possible de déterminer à quelle époque il peut appartenir; mais il paraît assez évident qu’il s’agit d’une sorte de réaction religieuse.
[35] Voir le § XLII.
[36] Cet abîme, situé au centre de la cité, était environné de toutes parts d’épais bocages, dont le silence et la solitude le mettaient à l’abri des bruits profanes du monde. L’aspect qu’il offre encore aujourd’hui est celui d’un précipice circulaire d’environ cent pieds de diamètre, aux parois raboteuses et perpendiculaires, au-dessus desquelles se penche le sombre feuillage du bois voisin. Un escalier circulaire taillé dans la roche calcaire, invisible au premier abord, descend jusqu’au bord de l’eau, et jadis il s’arrêtait au pied d’un autel où l’on offrait des sacrifices à Cukulcan. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 17.—Relation du Lic. Lopez Medel, trad. de Ternaux-Compans, dans les Nouv. Annales des Voyages, tom. 1. 1843.)
[37] Cuculcan, écrit quelquefois Kukulcan, vient de kuk, oiseau qui paraît être le même que le quetzal; son déterminatif est kukul qui uni à can, serpent, fait exactement le même mot que Quetzal Cohuatl, serpent aux plumes vertes, ou de Quetzal.
[38] Qui étaient les Izaes, ou Itzaex, c’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ils étaient maîtres de Chichen-Itza, lorsque les Tutul-Xius les en chassèrent au XIIIᵉ Ahau-Katun, c’est-à-dire vers l’an 270 de notre ère, et le document que nous publions plus loin les appelle kuyen uinkob, des hommes saints. Si nous pouvions hasarder ici une conjecture, nous dirions qu’ils pourraient être des restes de la grande famille des Xibalbaïdes, réfugiés dans le Yucatan, après la victoire des Nahoas, de la race desquels étaient les Tutul-Xius. Parlant des princes de Xibalba, le Livre Sacré les appelle Ah-Tza, Ah-Tucur, mot à mot: ceux du mal, ceux des hiboux; mais ces mots sont plutôt des dénominations anciennes de peuples, de qui ceux de Tucurub, dans la Vérapaz, et ceux du Peten-Itza seraient descendus. Peten-Itza, ou l’île des Itzas, dans le lac de Tayazal, aurait été peut-être le dernier refuge de cette antique nation, dont les Espagnols ne s’emparèrent qu’en 1697.
[39] Cezal-couati, c’est Quetzalcohuatl, le c maya, ainsi que nous l’avons dit, devant se prononcer dur comme q devant toutes les voyelles indistinctement.
[40] La question est de savoir si Mayapan dut sa construction première à ce Cuculcan, et si celui-ci vint longtemps après, Zamnà qui parait, d’après les autres traditions, avoir été le premier législateur de cette contrée. Quelques indices sembleraient les faire contemporains; mais d’autres donneraient à penser que Zamnà était le chef d’une religion différente, peut-être de celle des Itzaex. Si Zamnà est plus ancien que Cuculcan, Izamal est aussi plus ancienne que Mayapan: cependant, au dire d’Ordoñez qui avait eu en sa possession des documents anciens des Tzendales, la fondation de Mayapan aurait été contemporaine de celle de Nachan (Palenqué), de celle de Tulhá (Ococingo) et de celle de Copan (Chiquimula), et remonterait à 1000 ans environ avant l’ère chrétienne. Je laisse au docte chanoine de Ciudad Real toute la responsabilité de son assertion.
[41] Au Mexique on fait retourner Quetzalcohuatl à Tlapallan, et au Yucatan on le renvoie au Mexique. Mais il ne serait pas impossible que ce Cuculcan fût le même que le personnage plus ou moins mythologique, dont parle Sahagun, conducteur de la race nahuatl en Tamoanchan, qui paraît se confondre avec le Quetzalcohuatl du Codex Chimalpopoca et le Gucumatz du Livre Sacré, l’un découvrant le maïs en Tonacatepetl et l’autre en Pampaxil et Pacayala.
[42] On sait que les marécages voisins de Champoton sont parsemés de ruines magnifiques qui s’étendent dans les îles et tout autour de la lagune de Terminos.
[43] Cocom signifie écouteur, croyant. Il fut donné probablement à cette famille, comme une récompense pour avoir cru la première aux enseignements de Cuculcan.