[54] L’auteur, ainsi qu’on s’en aperçoit dans le cours de sa narration, copiée par Herrera, confond ici deux faits qui paraissent assez distincts: 1º la première révolte des Tutul-Xius et des autres grands vassaux de l’empire maya, à la suite de laquelle il se partage en trois royaumes, celui de Mayapan, celui de Chichen-Itza et celui d’Uxmal, qui d’après le document maya, déjà cité, aurait eu lieu du IXᵉ au Xᵉ siècle, ce qui ferait les cinq cents ans et plus dont il est question dans ce paragraphe; 2º la révolution qui chassa définitivement la dynastie des Cocomes, au milieu du XVᵉ siècle, de la ville de Mayapan qui fut abandonnée alors.

[55] D’après ce calcul, Mayapan aurait été abandonné en 1446, cent vingt ans avant l’année 1566, où écrivait Landa; date qui concorde admirablement avec celle donnée par le document chronologique ci-joint, où cet événement est placé au VIᵉ Ahau Katun, commençant en 1446 ou en 1461.

[56] Ces pierres de dix-huit pieds de long (de hauteur sans doute), et rondes par le bout, rappellent assez bien les monolithes de Copan et de Quirigua, assez semblables à des obélisques et recouverts d’inscriptions analogues à celles dont il est ici question.

[57] Zilan, que les Yucatèques écrivent Ɔilan, était une ville de la principauté des Chèles, à vingt lieues et demie de Mérida. Elle est à six lieues au nord d’Izamal dont elle est aujourd’hui le port sur l’Atlantique: il y reste les ruines d’un des plus grands omules du Yucatan.

[58] Voici ce qu’ajoute à ce sujet Cogolludo: «Leurs lustres arrivant à cinq qui font vingt ans, ce qu’ils appelaient katún, ils plaçaient une pierre gravée sur une autre également gravée, incrustée avec de la chaux et du sable dans les murs de leurs temples et des maisons des prêtres, comme on le voit encore aujourd’hui dans les édifices en question, et dans quelques anciennes murailles de notre couvent de Mérida, sur lesquelles il y a quelques cellules. Dans une ville, nommée Tixhualahtun, qui signifie lieu où l’on met une pierre gravée sur une autre, se trouvaient, disent-ils, leurs archives, où tout le monde avait recours, pour les événements de tout genre, comme nous à Simancas.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 4.)

[59] La terre d’Ulua, dont il est question ici, située au delà de Salamanca, c’est-à-dire de Bacalar, ne saurait être le Mexique: il s’agirait donc du pays arrosé par le fleuve de ce nom dans le Honduras avec lequel les Mayas étaient en relations de commerce très-étendues: on sait du reste que les princes de ces contrées s’occupaient d’affaires commerciales tout autant que leurs sujets, témoin le roi d’Acallan qui était toujours élu d’entre les marchands les plus expérimentés.

[60] Mot à mot: Au roulement, ou bien On a été joué, roulé ti bulon ou bolon.

[61] Zututa, aujourd’hui Sotuta, est encore actuellement un arrondissement du département de Tekax, à peu près au centre nord de Yucatan.

[62] Ce nom s’écrit Acanul ou Ahcanul; c’était une province au nord-est de Campêche, et touchant à la mer vers Pocboc.

[63] C’est-à-dire jusqu’à l’époque de la colonisation espagnole de Campêche en 1540. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 5.)