[17] Pio Perez place ces époques entre les années 576 et 888. Mais ne commettrait-il pas une erreur dans son commentaire en mettant en scène les Tutul Xius? Il semble bien, d’après le texte maya, qu’il s’agit ici des Itzas, chassés par eux de Champoton, où ils avaient eu leurs demeures depuis qu’ils avaient dù abandonner Chichen, en 681, devant les progrès des Tutul Xius.

[18] Pio Perez omet de traduire ici le détail des souffrances des Itzas durant leur vie nomade dans les déserts. Les années correspondantes à ces époques sont, d’après lui, de l’an 888 à l’an 936.

[19] Où les Itzas trouvèrent-ils alors des demeures fixes? c’est ce que le texte ne dit pas; mais il laisse entrevoir qu’ils retournèrent alors à Chichen et qu’ils y raffermirent leur puissance. Quant au mot Chanputun ou Champoton, on le trouve ici orthographié d’une manière tout à fait différente dans le texte maya; il y a Chakanputun. Serait-ce le nom original?

[20] On reconnaît ici le système fédéral des Toltèques et l’influence manifeste des institutions de cette race, représentée par des Tutul Xius; il y a trois États, associés par un pacte politique, celui d’Uxmal qui a pour chefs les Tutul Xius, celui de Chichen-Itza gouverné par les Ulmil, et celui de Mayapan où ne régnaient probablement déjà plus les Cocomes, mais, autant qu’on peut le deviner, un prince de race étrangère; car, ainsi qu’à celui d’Uxmal, le texte donne le titre de halach-uinicil, et, à ceux de Chichen et d’Izamal, le titre supérieur d’Ahau ou roi.—D’après le calcul de Pio Perez, cette fédération commence à l’an 936 et dure jusqu’en 1176, c’est-à-dire deux cent quarante ans, tandis qu’il dit lui-même clairement dans le texte maya et dans la traduction anglaise de Stephens que ce fut une période de deux cents ans. Durant cette période, les trois rois fédérés furent souvent en guerre, comme on le voit ici et dans le texte de Landa. Conf. pag. 48 et suiv.

[21] Le texte signale ici les Katun XI, IX et VII; il passe le V, III, I, XII et X, pour arriver au VIII, où il y donne la défaite de Chac-Xib-Chac, prince de Chichen.

[22] Hunac-Eel (peut-être Huna-Ceel) est appelé dans le texte u halach uinicil Mayalpan ichpac, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan (halach uinicil, vraie humanité, est intraduisible), en opposition avec le titre d’Ahau donne aux rois de Chichen et d’Izamal; ce qui semble annoncer une origine étrangère. Mayapan, qui continue comme forteresse, était peut-être restée au pouvoir des légions de race nahuatl, introduites par les Cocomes, suivant Landa: ce qui confirmerait cette supposition, c’est la liste des six ou sept grands officiers, commandant les troupes mayapanèques, dont les noms sont à peu près tous d’origine nahuatl.

[23] Cette période de Katuns est comptée par Pio Perez entre les années 1176 et 1258.

[24] De 1258 à 1272, suivant Pio Perez.—Le texte maya dit ici Ah Ulmil Ahau, qui me paraît signifier le roi de la maison ou des Ulmil; Ulmil serait donc plutôt un nom patronymique qu’un nom de personne. Stephens, d’après Pio Perez, dit que la guerre le fit contre Ulmil, à cause de ses querelles avec Ulil, roi d’Izamal: le texte me semble dire le contraire, et, au lieu de querelles, je crois qu’il faut lire, à cause de ses festins ou des fêtes qu’il célébrait en commun avec Ulil.

[25] Stephens, d’après Pio Perez, passe sous silence les mots tumenel u ɔabal u naatob, qui suivent le nom de Hunac-Eel, lesquels me semblent signifier par celui qui accorde les dons de l’intelligence.

[26] Cette guerre qui avait commencé au VIII Ahau (entre 1181 et 1201) termine dans l’Ahau suivant (entre 1201 et 1221).